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Auteur Fil de discussion: contes pour enfants  (Lu 722 fois)
torche joyeuse
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« le: Dimanche 08 Novembre 2009, 12:41 »

Kolitkoto ! Kolitkoto ! Kolitkoto ! J’ai une fille à marier ! J’ai une fille à marier !
Ainsi chantait tous les jours Bakoudouba la tourterelle.
- Et que demandes-tu comme dot ? lui demanda Odro la Perdrix.
- Je donne ma fille à qui ramène sur la Terre Vrandjandja la pluie Mirage.
- Vrandjandja la pluie Fugitive ? s’écria la Perdrix. Vrandjandja qui coupe soudainement le chemin du voyageur, s’approche quand il vient, fuit quand il arrive, parfois le surprend par derrière , le poursuit, l’essouffle puis disparaît du ciel quand il atteint un village ? Je ne prétendrais jamais à la main de ta fille.
Et Odro s’en alla. Les autres animaux vinrent nombreux et tous impuissants repartirent la tête basse. Téré alla trouver la Mygale son oracle.
- Bakoudouba la tourterelle propose sa fille à celui qui ramène sur la terre Vrandjandja la pluie insaisissable, lui confia-t-il.
- Chevauche l’arc en ciel et coupe la route à Vrandjandja. Tu la captureras pour la ramener docilement sur la Terre, suggéra l’araignée terricole.
Téré se rendit à la source du ruisseau, rencontra l’arc en ciel et lui fit part de son projet.
- La pluie Mirage est partie pour l’autre bout de la terre et reviendra après Apépé la Lune de la disette. Dès qu’elle s’annoncera, viens me chevaucher, nous la poursuivrons pour la dompter.
Lengoa la Lune du renouveau suivit Apépé et Vrandjandja arriva. L’Arc en ciel emporta Téré haut dans le ciel, joignit les deux bouts de la terre, retint sous sa voûte la Pluie vagabonde qui pour échapper à cette étreinte s’abattit sur la terre en grosses gouttes intermittentes et perlées. Téré épousa la fille de Bakoudouba.
Et depuis lors, captive de l’homme, Vrandjandja revient chaque année arroser la terre pour annoncer en même temps l’arrachage de l’arachide et le ramassage des courges. Symbole de la force et de l’unité parce qu’il supporte la voûte du ciel et l’empêche de tomber sur le Monde dont il unit les deux extrémités, l’Arc en ciel restera l’animal totémique le plus connu et le plus vénéré des Hommes.



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torche joyeuse
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« Répondre #1 le: Lundi 09 Novembre 2009, 11:52 »

Un homme et une femme possédaient une bague en or, une bague magique : qui la portait ne manquait de rien.
Or, ils ne le savaient pas et vendirent la bague pour presque rien. À peine leur bague vendue, la misère entra dans la maison. Bientôt, ils n'eurent plus assez à manger. Ils avaient un chien et un chat qui devaient partager leur triste sort. Ces animaux discutèrent comment faire pour que leurs maîtres retrouvent le bonheur. Le chien trouva la solution :
- Il faut reprendre la bague.
- Elle est enfermée dans une armoire où nous ne pouvons pas pénétrer, répliqua le chat
- Attrape une souris, avisa le chien. En rongeant, elle percera un trou dans l'armoire et reprendra la bague. Dis-lui que si elle n'obéit pas, tu la tuera, Ainsi elle le fera bien.
Le chat était d'accord. Il attrapa une souris et partit avec elle vers la maison où se trouvait l'armoire contenant le bijou. Le chien les suivit. Ils devaient franchir un fleuve. Comme le chat ne savait pas nager, le chien le prit sur son dos et traversa l'eau à la nage. Le chat porta la souris dans la maison, la souris perça un trou dans l'armoire et en sortit la bague. Le chat prit la bague dans sa gueule et revint au fleuve où le chien l'attendait pour le reprendre sur son dos. Ils prirent le chemin du retour pour rapporter la bague magique à leurs maîtres. Mais le chien ne pouvait comme le chat sauter par-dessus le toit et quand il y avait une maison, il devait la contourner. Le chat, qui était donc plus rapide, arriva bien avant lui pour apporter la bague à leurs maîtres. L'homme dit à sa femme :
- Le chat est une bonne bête. Nous le nourrirons et le soignerons comme si c'était notre enfant.
Quand le chien arriva enfin, ils le grondèrent et le battirent, parce qu'il n'avait pas, dirent-ils, aidé le chat à retrouver la bague. Et le chat ronronnait et ne disait rien. Alors, le chien se fâcha contre le chat qui l'avait privé de sa récompense et chaque fois qu'il le voyait, il le pourchassait.
Depuis ce jour, chien et chat sont ennemis.
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« Répondre #2 le: Mardi 10 Novembre 2009, 20:14 »

Il était une fois une jeune fille, dont le Mal était tombé amoureux. Soeur de coeur du Bien, elle contenait en elle égales parties des deux frères ennemis. Puissante, le Mal la voulait pour lui seul, et ainsi, assurer la victoire de son camp. Un jour qu'elle s'était disputée avec ses amis, le Mal lui tint ses propos:

-Si tu venais avec moi, rien de pareil ne t'arriverait plus. Tu serais en mesure de les tuer sans problème.
-Jamais !
-Pourquoi ? S'ils te font souffrir, te font pleurer, te font souhaiter la mort ?
-Parce que malgré les larmes, les peines et les blessures, je les aime !

Le Mal dut abdiquer, car l'Amour était l'allié de son jumeau, un puissant allié qui l'empêchait encore de contrôler sa dulcinée. Peu importe qu'elle pleura, qu'elle souffrit, qu'elle pensa à la mort, qu'elle voulu abandonner... Elle continua a aimer ses amis, bien qu'elle fut au bord du précipice et qu'ils la poussaient plus bas encore. Et le Mal resta là, impuissant, à voir son aimée s'anéantir d'avoir aimer.


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« Répondre #3 le: Mercredi 11 Novembre 2009, 12:56 »

LE SOLEIL, LES NUAGES ET LES ETOILES By Caroline Sedgwick
Il était une fois, sur une planète très, très lointaine, il y avait un pays où il était tout le temps en train de pleuvoir, pleuvoir et pleuvoir, avec des pluies torrentielles toute la journée, tous les jours, des années et des années durant. Et là-bas, vivait une toute petite fille, dans une chaumière dans la montagne, avec son papa et son petit chien.Elle avait neuf ans, et tous les jours de sa vie, il avait plut et plut durant toute la journée et toute la nuit.Peux-tu t’imaginer qu’il pleuve tout le temps et que se soit toujours humide ?Les gens disaient tout le temps qu’avant qu’elle naisse, il avait eut une chose étrange qui s’appelait Soleil. Le soleil était une chose grande, ronde et jaune, qui donnait chaleur et lumière à tout et à tous. Et il avait toujours un sourire sur sa face grande, ronde et jaune. Et, en voyant ce sourire sur le soleil, les gens le regardaient et lui rendait un sourire.La toute petite fille ne pouvait imaginer dans son esprit l’idée d’une chose grande, ronde, jaune et souriante. Et elle ne pouvait pas croire que les gens avaient pu le regarder et sourirent, parce que dans son village, personne ne se souriait, et tous avaient l’air très triste Un jour, les gens commencèrent à commenter comment le ciel paraissait un peu plus clair. Il était toujours en train de pleuvoir et les nuages noirs étaient encore dans le ciel, mais c’était sûr, il paraissait plus clair. Le jour suivant, les gens commencèrent à commenter en plus que, ce jour-là, il pleuvait moins. Le jour d’après, il plut seulement la moitié de la journée.Le suivant, il eut seulement un peu de bruine, et les fenêtres gouttaient de temps en temps.Et le suivant, il arrêta de pleuvoir ; encore un après, tous les nuages étaient blancs. Un jour de plus et apparurent des morceaux de ciel bleu.Et tout d’un coup, il n’eut plus un seul nuage et une chose grande, ronde et jaune flottait dans le ciel, donnant chaleur et lumière à tous.Et les gens regardaient en haut et souriaient de le voir, car il avait un énorme et irradiant sourire.Et la petite fille, s’assit sur son lit et vit, à travers la fenêtre, une chose dont elle avait seulement entendu parler dans des histoires qui pouvaient être des contes : une chose grande, ronde et jaune dans le ciel avec un grand sourire sur son visage. « Ça doit être le soleil » dit l’enfant, en lui rendant un sourire. Et elle courut à travers les rues, voyant que tout le monde souriait.Et maintenant…AU DODO !
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« Répondre #4 le: Jeudi 12 Novembre 2009, 15:01 »

Le chat qui fit le printemps
Autrefois, il existait un pays lointain qui ne connaissait pas les beaux jours: ni le soleil, ni les fleurs ne venaient l’égayer. Partout, ce n’était que paysages glacés, enfoncés dans les brumes et battus par des vents impitoyables. La vie dans cette contrée était rude et morne.
Le chat n’était alors qu’un animal sauvage ne connaissant pas encore la compagnie de l’homme. Il vivait misérablement de sa chasse; le menu gibier qu’il rencontrait était maigre et sans intérêt. Un jour, alors que l’animal parcourait les chemins à la recherche d'une maigre pitance, le hasard lui fit rencontrer le roi Crapaud. Celui-ci, comme à l'accoutumée, était de fort méchante humeur : « Où cours-tu ? Ne vois-tu pas que tu as pénétré mon domaine, sans invitation ? » Le matou que la jeunesse aveuglait, ricana et ne jugea pas utile de s’excuser: à quoi bon ? pensa-t-il, ce vieux grincheux m’ennuie ! Mais c’était sans compter avec le courroux du roi…Ce dernier grossit, s’enfla jusqu’à atteindre une taille monstrueuse; de crapaud ordinaire, il devint un monstre vert terrifiant et baveux. :
«Chat, il est temps que tu apprennes les bonnes manières! rugit-il. Tous mes sujets me doivent le respect. pour ta peine, je te chasse de ce pays!»
A ces mots, le chat battit en retraite devant le monstre hideux, mais il ajouta, téméraire : "Pas pour longtemps !  Je pars, mais je reviendrai un jour et TOUT changera dans ce pays, j’en fais le serment !" C’est ainsi que l’animal quitta son pays natal, lui qui n’avait jamais voyagé plus loin que La Grande Forêt…Après avoir erré longtemps, il rencontra une oie cendrée qui prenait un peu de repos : Où vas-tu ? Tu sembles las et affamé ? interrogea l’oiseau. _ Je cherche un pays où le gibier est si abondant que je pourrais manger pendant des jours, sans m’arrêter ! Un pays si doux que je pourrais dormir la nuit, sous un arbre, sans grelotter ! _ Cela existe… Et devant l’incrédulité du chat, elle ajouta : Je t’y emmène, si tu le souhaites…Et ce  qui fut dit, fut fait. L’oie cendrée prit son envol, le matou sur le dos. Bien vite, ils laissèrent derrière eux les bois et les lacs qui devinrent minuscules et ridicules. Ils étaient cernés maintenant par de nombreux nuages. Puis, tout à coup, il y eut une éclaircie : la lumière devint aveuglante, irréelle ! L’oie entama aussitôt, une lente descente, et peu à peu, le chat  découvrit un paysage magnifique. Quand il posa enfin une patte sur le sol, il n’en crut pas ses yeux: sur le tapis vert où ils avaient atterri, une multitude de clochettes colorées pointaient le bout de leur nez. Les arbres étaient décorés de c e qui lui sembla être des petites larmes vert pâle, ravissantes et fragiles. « Je te laisse, dit l’oie cendrée… Je reviendrai dans quelques mois: D’ici-là, amuse-toi bien ! » Et elle repartit, le laissant seul.Le chat se sentit alors tellement heureux sous la bienfaisante chaleur du soleil, qu’il s’endormit paisiblement au pied d’un chêne moussu.Puis le temps passa. Le chat vécut dès lors dans une douce quiétude car il n’avait pas à se soucier du lendemain. Il fit la connaissance des hommes. Il se laissa même apprivoiser par un tout petit garçon et le suivit partout, au cours de ses promenades… Mais cela est une autre histoire ! Cependant, il n’oubliait pas sa promesse, celle de tout changer chez lui pour défier le roi Crapaud… Mais comment ? C’est l’oie cendrée, à son retour,  qui lui donna une partie de la réponse :« Rentre chez toi, tu portes sur tes poils, sans le savoir, de quoi transformer ton pays ! Emmène avec toi quelques abeilles, et des papillons; ils t’aideront dans la réalisation de ton projet… » Bien plus tard, le chat comprit ce que l’oiseau avait voulu lui dire…Au cours de ses flâneries avec l'enfant d'homme, de minuscules graines s’étaient agrippées à sa fourrure. De retour dans son pays, elles s’éparpillèrent un peu partout… Et comme par magie, des plantes merveilleuses, des arbres au beau feuillage y poussèrent.
Les abeilles butinèrent de ci, delà,  les papillons multicolores dansèrent une sarabande légère et joyeuse et tous contribuèrent ainsi à la naissance du nouveau monde. Les animaux qui avaient déserté l’endroit autrefois revinrent sans tarder. Et le soleil qui ne voulait pas être oublié, fit alors des apparitions nombreuses et de plus en plus longues, à la grande joie de tous !  C’est ainsi qu’un chat fit le printemps. Quant au roi Crapaud, dépité par toute cette énergie dans son royaume, il partit sous d’autres cieux, plus tristes, plus sombres, à l’image de sa méchante humeur.

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« Répondre #5 le: Vendredi 13 Novembre 2009, 11:52 »

 Grimaçant Un conte pour enfants pas très sages de Jacques Prévert

Lorsque le Petit Poucet abandonné dans la forêt sema des cailloux pour retrouver son chemin, il ne se doutait pas qu’une autruche le suivait et dévorait les cailloux un à un.
C’est la vraie histoire celle-là, c’est comme ça que c’est arrivé...
Le fils Poucet se retourne : plus de cailloux !
Il est définitivement perdu, plus de cailloux, plus de maison ; plus de maison, plus de papa-maman.
"C’est désolant", se dit-il entre ses dents.
Soudain il entend rire et puis le bruit des cloches et le bruit d’un torrent, des trompettes, un véritable orchestre, un orage de bruits, une musique brutale, étrange mais pas du tout désagréable et tout à fait nouvelle pour lui. Il passe alors la tête à travers le feuillage et voit l’autruche qui danse, qui le regarde, s’arrête de danser et lui dit :
L’autruche : "C’est moi qui fait ce bruit, je suis heureuse, j’ai un estomac magnifique, je peux manger n’importe quoi. "Ce matin, j’ai mangé deux cloches avec leur battant, j’ai mangé deux trompettes, trois douzaines de coquetiers, j’ai mangé une salade avec son saladier, et les cailloux blancs que tu semais, eux aussi, je les ai mangés. Monte sur mon dos, je vais très vite, nous allons voyager ensemble."
"Mais, dit le fils Poucet, mon père et ma mère je ne les verrai plus ?" L’autruche : "S’ils t’ont abandonné, c’est qu’ils n’ont pas envie de te revoir de sitôt."
Le Petit Poucet : "Il y a sûrement du vrai dans ce que vous dites, madame l’Autruche."
L’autruche : "Ne m’appelle pas madame, ça me fait mal aux ailes, appelle-moi Autruche tout court."
Le Petit Poucet : "Oui, Autruche, mais tout de même, ma mère, n’est-ce pas !"
L’autruche (en colère) : "N’est-ce pas quoi ? Tu m’agaces à la fin et puis, veux-tu que je te dise, je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau..."
Le fils Poucet : "Le fait est que ça coûte cher... mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins."
L’autruche : "Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois."
Le fils Poucet : "Mon père aussi me battait"
L’autruche : "Ah, monsieur Poucet te battait, c’est inadmissible. Les enfants ne battent pas leurs parents, pourquoi les parents battraient-ils leurs enfants ? D’ailleurs monsieur Poucet n’est pas très malin non plus, la première fois qu’il a vu un oeuf d’autruche, sais-tu ce qu’il a dit ?"
Le fils Poucet : "Non"
L’autruche : "Eh bien, il a dit "Ca ferait une belle omelette !"
Le fils Poucet (rêveur) : "Je me souviens, la première fois qu’il a vu la mer, il a réfléchi quelques secondes et puis il a dit : "Quelle grande cuvette, dommage qu’il n’y ait pas de ponts." "Tout le monde a ri mais moi j’avais envie de pleurer, alors ma mère m’a tiré les oreilles et m’a dit : "Tu ne peux pas rire comme les autres quand ton père plaisante !" Ce n’est pas ma faute, mais je n’aime pas les plaisanteries des grandes personnes..."
L’autruche : "... Moi non plus, grimpe sur mon dos, tu ne verras plus tes parents, mais tu verras du pays."
"Ca va", dit le petit Poucet et il grimpe.
Au grand triple galop l’oiseau et l’enfant démarrent et c’est un très gros nuage de poussière.
Sur le pas de leur porte, les paysans hochent la tête et disent : "Encore une de ces sales automobiles !"
Mais les paysannes entendent l’autruche qui carillonne en galopant :
"Vous entendez les cloches, disent-elles en se signant, c’est une église qui se sauve, le diable sûrement court après."
Et tous de se barricader jusqu’au lendemain matin, mais le lendemain l’autruche et l’enfant sont loin.
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torche joyeuse
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« Répondre #6 le: Samedi 14 Novembre 2009, 19:38 »

Dans un petit village de Chine, pas très loin de le ville de Nankin, vivait un jeune homme du nom de Tao. Il était très pauvre mais malgré sa pauvreté, il était de nature généreuse et toujours prêt à aider son prochain. Personne ne s’adressait jamais à lui en vain.
Un jour, alors que le soleil brillait déjà très haut dans le ciel, Tao, qui dormait sur une paillasse à l’ombre d’un arbre, fut réveillé assez brutalement par un inconnu. Surpris, il ouvrit les yeux et vit devant lui un homme tout de gris vêtu.
"Réveille-toi, Tao", lui dit l’inconnu. "La reine t’attend ! "
"La reine ?", s’étonna Tao. "Mais je ne connais pas de reine !"
"Elle, en revanche, te connaît", poursuivit l’homme en gris, "Et elle m’a envoyé te chercher de toute urgence.Viens, suis-moi !"
"Mais qui êtes-vous donc ?", demanda Tao au messager. "Je ne vous ai jamais vu !"
L’inconnu haussa les épaules :
"A quoi cela pourrait-il t’avancer de m’avoir déjà vu et de savoir qui je suis ? La reine a besoin de ton aide. Tu. es bien Tao, celui qui ne refuse jamais son aide à personne ?"
Tao n’osa plus poser de question. Il replia rapidement sa paillasse et suivit l’inconnu.
Ils marchèrent un long moment et à l’instant où il croyait atteindre les dernières maisons du village, il découvrit devant lui une ville immense dont toutes les maisons, massées les unes contre les autres, présentaient une forme assez étrange, qui lui sembla vaguement familière.
L’inconnu pénétra dans l’une d’elles, plus vaste et somptueuse que les autres. Tao le suivit.
Ils arrivèrent dans une salle immense, où une femme de très belle était assise sur un trône majestueux. Elle portait dans les cheveux un diadème, qui scintillait de mille feux.
"Merci d’être venu" murmura-t-elle. "Mon royaume court un grand danger et tu es le seul à pouvoir le sauver."
Tao se courba dans un profond salut.
"Ce sera un honneur pour moi, Votre Majesté", balbutia-t-il.
"Je vais te présenter à ma fille" poursuivit la reine d’une voix douce. "Je considère tous mes sujets comme mes propres enfants, mais je tiens à ma fille bien plus qu’à moi-même."
Tao crut entendre des milliers de clochettes d’or, et une jeune fille, également très belle entra dans la pièce.
Son visage était pâle comme le lys et ses cheveux de jais coulaient en cascade le long de son dos. L’air infiniment triste, elle alla s’asseoir à côté de la reine, sur une chaise en or.
A peine venait-elle de s’installer qu’une dame de la cour entra, toute essoufflée en hurlant :
"Le Monstre ! Le Monstre !"
La reine se leva.
"Voilà le malheur dont je viens de te parler. je t’en supplie, Tao, aide ma fille. Elle a pour mission de reconstruire une capitale mais sans toi, jamais, elle n’y parviendra."
Tao, sans hésiter une seconde, prit la jeune fille par la main et, ensemble, ils quittèrent le palais discrètement.
Pendant des heures, ils coururent sans prendre le temps de retrouver leur souffle. Ils empruntèrent mille et une petites rues tortueuses et parvinrent finaleement dans le village de Tao. Là, ils purent souffler un peu.
"Comme il fait calme, ici", soupira Fleur de Lotus, car c’est ainsi que la jeune princesse s’appelait.
"Nous sommes loin de tout une danger, à présent, dit Tao".
"Où allons-nous bâtir la nouvelle capitale, demanda la princesse ?"
"Une capitale ?", demanda Tao, qui n’avait pas très bien compris lorsque la reine lui parlait dans son palais. "Mais je ne pourrai jamais construire une capitale. C’est impossible ! Je ne suis qu’un pauvre paysan. Je n’ai ni pouvoir ni argent."
La princesse le regarda et de grosses larmes roulèrent sur ses joues.
"Mais tu es pourtant bien Tao, celui qui est toujours prêt à aider son prochain", gémit-elle. "Toi seul est capable de le faire..."
"Non, je... ", s’apprêtait-il à dire lorsqu’il s’éveilla.
Il avait dû dormir longtemps, car le soleil se trouvait maintenant fort bas sur l’horizon. Bien qu’éveillé, Tao entendait encore la voix suppliante de Fleur de Lotus qui semblait s’éloigner.
En vérité, c’était un essaim d’abeilles. Elles semblaient perdues et tournaient en tous sens autour des fleurs du jardin.
"Pauvres bêtes", pensa Tao. "Elles n’ont pas de ruche ! Je vais leur en faire fabriquer une."
Et il se rendit immédiatement chez un charpentier.
Je me demande d’où peuvent bien venir toutes ces abeilles ?, pensa-t-il, lorsqu’il vit que les insectes acceptaient avec empressement leur nouveau refuge.
Il partit se promener dans le village. Arrivé à hauteur de la dernière maison, il découvrit dans un jardin une ruche abandonnée.
"J’ai trouvé des abeilles chez moi", dit-il à l’homme qui vivait là. "Ne sont-elles pas à vous ?"
"C’est possible", répondit l’homme.
"Elles ont dû fuir", ajouta-t-il en ôtant le couvercle de la ruche.
Comme il se penchait, il y découvrit un serpent :
"Oh ! Le monstre de mon rêve ... !", se dit-il.
De retour chez lui, Tao installa dans son jardin toute une série de belles ruches semblables. De tous les côtés des abeilles arrivèrent. Elles se mirent à butiner ses fleurs et lui offrirent tellement de miel en échange de sa protection que Tao, le généreux, devint bientôt riche.

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torche joyeuse
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« Répondre #7 le: Dimanche 29 Novembre 2009, 12:58 »

LE CONTE DU PETIT HÉRISSON QUI NE PIQUAIT PAS DE L'INTÉRIEUR  Jacques Salomé, Contes à guérir, contes à grandir.
Il était une fois un jeune hérisson pour qui la vie avait été difficile jusque là. La seule chose pour laquelle il semblait vraiment doué, c'était de se mettre en boule… De nombreuses attaques lui avaient appris à se protéger et il savait se faire tout rond plus vite que n'importe quel hérisson. A force de se faire agresser, il avait d'ailleurs fini par croire que tout le monde lui en voulait. Bien des êtres avaient essayé de s'en approcher et s'en étaient retournés tout meurtris. C'est qu'en plus, il avait aiguisé chacun de ses piquants et prenait même plaisir à attaquer le premier. Sans doute se sentait-il plus important ainsi…
..........Avec le temps, il était devenu très solitaire. Les autres se méfiaient de lui. Alors il se contentait de rêver à une vie meilleure ailleurs, ne sachant plus comment s'y prendre pour sortir de cette situation d'agression permanente.
..........Un jour qu'il se promenait toujours seul, non loin d'une habitation, il entendit une étrange conversation entre deux garçonnets.
- " Tu sais , sur le dos il y a plein de piquants, mais mon père dit que le ventre est aussi doux que Caramel, tu sais, ma peluche préférée, disait le plus petit.
- J'aimerais bien voir ça ! - Moi, je sais où il se cache, dit l'autre, sous ces haies. "
.........." Tiens, se demanda notre ami à quatre pattes , ne seraient-ils pas en train de parler de moi ? "
Ces paroles avaient excité sa curiosité. Était-il possible qu'il soit fait d'autre chose que des piquants ?
..........Il se cacha dans un coin et regarda son ventre. Il lui sembla faire ce mouvement pour la première fois. Il avait passé tellement de temps à s'occuper des petites épées sur son dos qu'il en avait oublié cette fourrure douce et chaude qui le tapissait en dessous.
.........." Mais oui, moi aussi je suis doux en dedans, constata-t-il avec étonnement. Doux dedans, doudedan, doudedan " chantonnait-il en sautillant d'une patte sur l'autre. Celles-ci le faisaient rebondir . Tiens, il avait aussi oublié le plaisir de danser. Car les hérissons dansent les soirs de lune, le saviez-vous ?
Tout en dansant, il s'était rapproché des deux garçons. Le plus grand disait à l'autre :
- " Les renards font pipi dessus pour les obliger à s'ouvrir. On pourrait bien en faire autant, comme ça on verrait… - Ah non ! dit le plus jeune. Je ne veux pas leur faire de mal. Ils sont très gentils. Il faut en apprivoiser un en lui apportant tous les jours un œuf. Les hérissons adorent les œufs.
- D'accord, mais il faut d'abord en trouver un ! dit son compagnon. "
..........Le petit animal tendait l'oreille. Cette histoire commençait à beaucoup l'intéresser. Comment ? il existait quelqu'un qui ne lui voulait pas de mal !
..........Après bien des péripéties que je vous laisse imaginer, et aussi des doutes, des hésitations, des peurs et des envies de fuir, notre ami Doudedan, c'est ainsi qu'il s'appelle lui-même, accepta de se laisser apprivoiser.
Il passa de moins en moins de temps en boule. Chaque jour il s'exerçait à montrer sa fourrure. Du coup elle devenait de plus en plus douce et soyeuse. Et ses piquants à force d'être délaissés finirent par s'émousser et devinrent de moins en moins piquants.
..........Ah ! Que c'était bon d'avoir des amis… et aussi de se sentir si doux.
..........A force d'apprendre à être doux, il avait même fini par rencontrer une compagne qui elle aussi avait un ventre très, très doux… et devinez ce qui arriva ?… 

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« Répondre #8 le: Dimanche 29 Novembre 2009, 23:04 »

C'est l'histoire d'une mère qui aimait tellement son premier fils qui est mort qu'elle à rejoins maintenant rien ne nous séparera
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« Répondre #9 le: Mercredi 02 Décembre 2009, 19:50 »

Combien d'étoiles dans ton thé ?
L'infirmier posait parfois de drôles de questions aux matins de l'enfant encore engourdie dans sa nuit, et une odeur de thé qui passait sous son sommeil la sortait vers la vie.
- Deux, ou non, trois étoiles, s'il te plait, pour y entendre le cheval rouge, celui qui glisse dans le visage du soleil.
L'infirmier aimait poser des questions à cette enfant car ses réponses apportaient des images et un souffle qui le traversaient. L'enfant et l'infirmier se surprenaient sans cesse au jeu des questions réponses. Toujours un mot venait décoller, détourner et retrouver le vrai pourquoi. Ils s'émerveillaient l'un en l'autre.
L'infirmier, cette histoire de cheval, ça l'intéressait bougrement !
- Raconte-moi, ton cheval. Dis.
L'enfant ne savait pas raconter, elle préférait écouter ses histoires à lui, mais il insistait vraiment et n'en démordrait pas. On le voyait dans ses lèvres s'agrandissant sur sa pommette en point d'interrogation.
- Ce cheval était épuisé, parce qu'il voulait apprendre à voler, et ne savait pas qu'un cheval ne peut franchir les airs, ne peut se libérer du poids de la terre. Il était amoureux d¹une étoile, tu vois ...
- Mais, pourquoi la terre lui pesait, hein, ma voix marine ?
- A cause du poids de sucre dans le thé, à cause que la terre était trop sucrée. Lui, il voulait le sel de la vie, il voulait boire la mer et dans "le sel" il entendait "les ailes". Il pensait que l"étoile était salée, puisqu"elle planait, et ne voyait pas pourquoi, à lui, le sel lui serait interdit ...
Tu comprends, c'est une pensée de cheval rougie par cet ombrage d'astre auquel il était tant attaché.
Un jour où l'enfant saignait dans ses poumons, l'infirmier lui avait fait don d'un livre avec un beau dessin de cheval rouge et un petit poème à chanter.
L'enfant s'est prise de tendresse pour la chanson du cheval, et c'était leur secret . Ce matin là, l'infirmier avait sorti le livre de la table, tout en brandissant sa question. C'était un signe magique, l'heure de poursuivre le rêve. Tous les deux, ils tissaient une histoire, pour que le livre continue son chemin dans la vie et réveille l'enfant du cauchemar étouffant ses nuits et ses jours.

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torche joyeuse
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« Répondre #10 le: Lundi 14 Décembre 2009, 13:39 »

du géant égoïste, d’après Oscar Wilde. 
 Tous les après-midi, au sortir de l'école, les enfants allaient jouer dans le jardin du Géant, un vaste et magnifique jardin au gazon doux et verdoyant. Des fleurs merveilleuses le parsemaient comme autant d'étoiles, et 12 pêchers s'y dressaient qui, au printemps, se couvraient d'une profusion de délicates fleurs roses et nacrées et, à l'automne, ployaient sous une masse de fruits splendides. Perchés dans les arbres, les oiseaux lançaient des trilles si mélodieux que les enfants suspendaient leurs jeux pour les écouter.
 -Comme on est heureux ici se criaient-ils l'un l'autre.
Un beau jour, le Géant, qui venait de passer sept ans chez son ami l'ogre de Cornouailles, regagna son château. À son arrivée, il aperçut les enfants jouant dans le jardin.
 -Que faites-vous ici? cria-t-il d'une voix rude. Mon jardin, c'est monjardin. Vous comprenez, oui ou non? Et il n'y a que moi qui aie le droit d'y jouer.
 Alors, il dressa un haut mur tout autour du jardin et planta un écriteau:
ENTRÉE INTERDITE, SOUS PEINE DE POURSUITES. C'était, en fait, un Géant fort égoïste.   
Les pauvres petits ne savaient plus où aller pour s'amuser. Ils essayèrent de jouer sur la route,
mais elle était toute poussiéreuse et semée de cailloux, et cela ne leur plût pas.
La classe finie. Ils erraient autour des hauts murs et parlaient entre eux du beau jardin.
 -Comme nous y étions heureux! se disaient-ils l'un à l'autre.   
 Le printemps revint et, avec lui, dans toute la contrée, les fleurs et les petits oiseaux.
Mais, dans le jardin du Géant égoïste, l'hiver s'installa.
Sans les enfants, les oiseaux n'avaient pas la moindre envie d'aller y chanter
et les arbres oublièrent de fleurir.
Un jour, une jolie fleur risqua bien un oeil au -dessus de l'herbe,
mais elle vit l'écriteau et fut si attristée pour les enfants qu'elle rentra dans le sol et se rendormit. Les seuls à se réjouir furent la neige et le gel.
 -Le printemps a oublié le jardin! s'écrièrent-ils. Nous allons pouvoir vivre ici toute l'année!   
Et la neige recouvrit l'herbe de son grand manteau blanc, et le gel peignit tous les arbres d'argent.
Puis ils invitèrent le vent du nord à les rejoindre. Il vint et se mit à rugir à longueur de journée dans le jardin et à bousculer les cheminées.
 -Quel délicieux endroit! disait-il. Nous devrions y inviter aussi la grêle.
 La grêle vint à son tour. Chaque jour, trois heures durant, elle crépita sur la toiture du château
jusqu'à briser presque toutes les ardoises. Puis, elle s'élançait dans le jardin pour y tourner
comme une folle. Son haleine était de glace. Assis à la fenêtre, le Géant contemplait son jardin blanc où il faisait grand froid.
 -Je ne comprends vraiment pas, s'étonnait-il, pourquoi le printemps tarde tant. Vivement que le temps change!
Mais ni le printemps ni l'été ne venaient jamais.
L'automne répandait des fruits dorés dans tous les jardins, sauf dans celui qui appartenait au Géant.
 -Il est bien trop égoïste, se plaisait à répéter l'automne.
 Et, dans le jardin, c'était toujours l'hiver.   
 Un matin qu'il reposait tout éveillé dans son lit, le Géant entendit de la musique ravissante, si douce
à ses oreilles qu'il crut que les musiciens du roi passaient par là.
Ce n'était, à vrai dire qu'une petite linotte sous sa fenêtre, mais il y avait si longtemps que le Géant n'avait entendu un chant d'oiseau dans son jardin que cette musique lui parut la plus belle du monde.
Tout à coup, la grêle cessa de trépigner au-dessus de sa tête, le vent du nord de hurler à ses oreilles, et un délicieux parfum entra par la fenêtre ouverte.   
 -Je crois que le printemps est enfin là! s'écria le Géant, qui sauta de son lit
et courut regarder dehors.
Un spectacle des plus étonnants l'attendait. Par une brèche du mur, les enfants s'étaient faufilés dans le jardin et avaient grimpé dans les arbres. Chaque arbre portait un petit enfant!
Et, pour fêter ce retour qui les comblait de joie, les branches s'étaient couvertes de fleurs et remuaient doucement au-dessus des petites têtes.
Les oiseaux voletaient en gazouillant de bonheur et les fleurs se haussaient en riant par-dessus l'herbe d'un vert éclatant.
 C'était une vision exquise. Mais, dans un coin du jardin, le coin le plus reculé, à vrai dire, l'hiver sévissait encore. Un petit garçon était là, sous un arbre, si petit qu'il ne pouvait rejoindre
les branches, et il tournait autour du tronc, pleurant à fendre l'âme.
Le pauvre arbre était encore tout couvert de neige et de glace,
et le vent du nord soufflait et hurlait autour de sa cime.
 -Grimpe donc, petit ! disait-il, en inclinant ses branches le plus bas qu'il pouvait.
Mais l'enfant était bien trop petit.
À ce spectacle, le Géant sentit fondre son coeur. "J'ai été trop égoïste, se dit-il.
Je sais maintenant pourquoi le printemps ne voulait pas venir.
Il faut que je mette ce pauvre petit à la cime de l'arbre et que je démolisse ce mur. Désormais, mon jardin sera toujours ouvert aux enfants." 
Alors il descendit furtivement l'escalier, ouvrit tout doucement la grande porte et sortit dans le jardin. Mais en le voyant approcher, les enfants furent saisis d'une telle frayeur qu'ils s'enfuirent. Et l'hiver reprit possession des lieux. Seul restait le petit garçon, aveuglé par les larmes, il n'avait rien vu. Le Géant se glissa derrière lui, le prit délicatement dans sa main et le déposa sur une branche. Aussitôt, celle-ci se couvrit de fleurs et d'oiseaux chanteurs. Et le petit garçon tendit les bras, se jeta au cou du Géant et l'embrassa. Voyant cela, les autres enfants revinrent en courant et, avec eux, le printemps revint aussi.
 -Maintenant, le jardin est à vous, dit le Géant.
 Et il prit une grande cognée et abattit le mur. Plus tard, les gens qui passaient sur la route
l'aperçurent en train de s'amuser avec les enfants dans un jardin si beau
qu'ils n'en avaient jamais vu de pareil.
Au soir tombant, les petits prirent congé de lui.
 -Mais où est donc votre ami ? demanda le Géant. Celui que j'ai mis dans l'arbre.
 -Nous ne savons pas, répondirent-ils. Il est parti.
 -Dites-lui bien de revenir demain.
Mais ils ignoraient où l'enfant habitait et ne l'avaient jamais vu auparavant.
Le Géant en fut très attristé.   
Tous les après-midi après l'école, les enfants venaient jouer avec lui.
Le Géant était avec tous, d'une grande gentillesse, mais le petit garçon
qu'il aimait tant ne revenait pas et il lui manquait.
 -Je voudrais tellement le revoir ! disait-il souvent.
 Les années passèrent, et le Géant devint très vieux et sans forces.
Il ne pouvait plus jouer et restait assis dans un énorme fauteuil
pour regarder les enfants et admirer son jardin.   
-J'ai de très belles fleurs, disait-il,
mais les enfants sont les plus belles de toutes.
 Un matin d'hiver, tout en s'habillant, il jeta un coup d'oeil par la fenêtre.
Il ne détestait plus l'hiver, sachant bien que c'est tout au plus le moment
où le printemps dort et où les fleurs se reposent.
Soudain, saisi d'étonnement, il se frotta les yeux.
Dans le coin le plus reculé du jardin, il y avait un arbre tout couvert de ravissantes fleurs blanches.
Ses branches étaient d'or et ses fruits d'argent.
Et, à son pied, se tenait le petit garçon qu'il avait tant chéri.   
Fou de joie, le Géant se hâta de descendre au jardin.
Mais, quand il fut tout près, son visage s'empourpra de colère.
 -Qui a osé te faire du mal? cria-t-il.
Car, dans les paumes de l'enfant,on voyait la marque de deux clous et on voyait aussi la marque de deux clous sur ses pieds.
 - Qui a osé te faire du mal? répéta le Géant.
Dis-le-moi que je prenne mon épée pour le tuer!
-Oh! non, répondit l'enfant. Ce sont les blessures de l'amour.
-Qui donc es-tu? demanda le Géant, qu'une étrange terreur envahit soudain.
 Et il tomba à genoux devant le petit garçon.
Alors, l'enfant sourit au Géant et lui dit d'une voix très douce:
 -Tu m'as laissé, un jour, jouer dans ton jardin. Aujourd'hui, je vais te conduire dans mon jardin à moi qui est le Paradis.

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« Répondre #11 le: Jeudi 17 Décembre 2009, 12:45 »

- La petite fille aux allumettes.- Hans Christian Andersen.
- Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le
soir approchait, le soir du dernier jour de l’année. Au milieu des rafales, par ce froid
glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n’avait rien sur la tête, elle
était pieds nus. Lorsqu’elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de
vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu’elle
eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha
après ses chaussures; un méchant gamin s’enfuyait emportant en riant l’une des
pantoufles; l’autre avait été entièrement écrasée.
- Voilà la malheureuse enfant n’ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits
petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main
un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet
affreux temps, personne ne s’arrêtait pour considérer l’air suppliant de la petite
qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n’avait pas encore vendu un seul
paquet d’allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.
- Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les
fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une
délicieuse odeur, celle de l’oie, qu’on rôtissait pour le festin du soir: c’était la
Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
- Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d’allumettes,
l’enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l’une dépassait un peu
l’autre. Harassée, elle s’y assied et s’y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais
elle grelotte et frissonne encore plus qu’avant et cependant elle n’ose rentrer
chez elle. Elle n’y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
- L’enfant avait ses petites menottes toutes transies.» Si je prenais une allumette,
se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts?» C’est ce qu’elle fit. Quelle
flamme merveilleuse c’était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu’elle se
trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d’ornements en cuivre. La petite
allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s’éteignit
brusquement: le poêle disparut, et l’enfant restait là, tenant en main un petit
morceau de bois à moitié brûlé.
- Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint
transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d’une belle nappe
blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s’étalait
une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se
met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine,
vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s’éteint.
- L’enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d’un
arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de
couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main
pour saisir la moins belle: l’allumette s’éteint. L’arbre semble monter vers le ciel et
ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend
vers la terre, laissant une traînée de feu.
- «Voilà quelqu’un qui va mourir» se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être
qui l’avait aimée et chérie, et qui était morte il n’y avait pas longtemps, lui avait
dit que lorsqu’on voit une étoile qui file, d’un autre côté une âme monte vers le
paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant
l’enfant, se tenait la vieille grand-mère.
– Grand-mère, s’écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter
quand l’allumette sera éteinte: tu t’évanouiras comme le poêle si chaud, le
superbe rôti d’oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
- Et l’enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le
paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère
prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n’y avait plus
ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c’était devant le trône de Dieu.
- Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l’encoignure le
corps de la petite; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire; elle était morte
de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d’autres des joies et des plaisirs.
Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d’un paquet
d’allumettes.
– Quelle sottise! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la
réchaufferait? D’autres versèrent des larmes sur l’enfant; c’est qu’ils ne savaient
pas toutes les belles choses qu’elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c’est
qu’ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les
bras de sa grand-mère la plus douce félicité.
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« Répondre #12 le: Dimanche 20 Décembre 2009, 15:03 »

Conte de Noël : le sapin, roi des forêts

Il y a très longtemps... L'hiver était là, et il faisait très froid.

Dans la forêt tout enneigée, un petit oiseau était tout seul, triste. Il avait une aile brisée et sa famille l'avait abandonné pour s'envoler vers des pays sans hiver. Il voletait péniblement, d'un arbre à l'autre. Il neigeait fort et l'oiseau se réfugia dans les feuilles d'un énorme chêne. Hélàs ! "Va-t-en, vilain, je t'interdis de venir manger mes glands !"

Les uns après les autres, tous les arbres, tous, le chassèrent. Complètement découragé, il se posa dans la neige, il allait sans doute mourir. Un dernier effort, il entrouvrit ses yeux, un sapin lui faisait signe : "Viens, je ne suis pas méchant, viens, n'aie pas peur. Installe-toi chez moi au chaud, mange mes graines tant que tu voudras." Le soir de Noël, le vent se leva, souffla de plus en plus fort. Tous les arbres perdirent leurs feuilles, tous, sauf le sapin qui avait accueilli le petit oiseau blessé. C'est depuis ce temps-là que le sapin est le seul à garder sa verdure tout l'hiver, le sapin, roi des forêts !

D'après Miss Sarah Cone Bryant
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« Répondre #13 le: Lundi 21 Décembre 2009, 16:41 »

Conte de la Création
Le septième jour, Dieu, ayant achevé la création, déclara que ce jour serait fête.
Tous les êtres nouvellement créés décidèrent d'offrir à Dieu le plus beau cadeau qu'ils pourraient trouver.
Les écureuils apportèrent des noix et des noisettes,
les lapins des carottes et des radis tendres,
les brebis de la laine moelleuse et chaude,
les vaches du lait mousseux et riche en crème…
Des milliards d'anges formèrent une couronne et chantèrent une sérénade céleste.
L'homme attendait son tour, préoccupé.
" Que pourrai-je bien lui offrir, moi ?
Les fleurs ont leur parfum, les abeilles du miel, et même les éléphants ont proposé d'offrir à Dieu une douche pour la rafraîchir… "
L'homme s'était déplacé en bout de file et continuait à réfléchir.
Toutes les créatures défilaient devant Dieu et déposaient leurs cadeaux.
Lorsqu'il ne resta plus que l'escargot, la tortue et ce fainéant de paresseux devant lui, l'homme fut pris de panique.
Son tour arriva.
Alors, il fit ce qu'aucun animal n'avait osé faire.
Il courut vers Dieu, sauta sur ses genoux, l'embrassa et dit : " Je t'aime ! "
La face de Dieu s'illumina, et toute la création comprit que c'était l'homme qui avait offert le plus beau des cadeaux.
Elle explosa en un alléluia cosmique.
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« Répondre #14 le: Vendredi 25 Décembre 2009, 12:37 »

Un petit poème de noel,
pour toutes ceux et celles,
qui ont des enfants,
qu'ils aiment passionément ...

Noël ou le cadeau d'un enfant,
qu'on a envie de rendre heureux tout le temps,
mais à ce moment,
on à envie d'arrêter le temps ...

Pour eux noël est un signe magnifique,
un signe d'amour magique,
et des cadeaux d'amour,
comme on aimerait leurs en offrir chaque jours ...

Noël pour les enfants,
c'est un peu comme le printemps,
pour les parents,
l'un des moments ou l'amour est le plus beau,
et où il est au plus haut ...

Un noël d'amour,
comme on aime chaque jours,
un noël pour combler les enfants,
comme à chaque moment ...



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