torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
    
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« Répondre #11 le: Mercredi 06 Octobre 2010, 20:31 » |
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Citations de Henri Bergson Il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain. (Le rire, p.2 , Ed. Quadrige/PUF , 1940) Un paysage pourra être beau, gracieux, sublime, insignifiant ou laid; il ne sera jamais risible. On rira d'un animal, mais parce qu'on aura surpris chez lui une attitude d'homme ou une expression humaine. On rira d'un chapeau; mais ce qu'on raille alors, ce n'est pas le morceau de feutre ou de paille, c'est la forme que les hommes lui ont donnée, c'est la caprice humain dont il a pris le moule.
On ne goûterait pas le comique si l'on se sentait isolé. Il semble que le rire ait besoin d'un écho. (Le rire, p.4 , Ed. Quadrige/PUF , 1940) Ecoutez-le bien: ce n'est pas un son articulé, net, terminé; c'est quelque chose qui voudrait se prolonger en se répercutant de proche en proche, quelque chose qui commence par un éclat pour se continuer en roulements, ainsi que le tonnerre dans la montagne.
Notre rire est toujours le rire d'un groupe. [...] Si franc qu'on le suppose, le rire cache une arrière-pensée d'entente, je dirai presque de complicité, avec d'autres rieurs, réels ou imaginaires. (Le rire, p.5 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Le comique naîtra, semble-t-il, quand des hommes réunis en groupe dirigeront leur attention sur un d'entre eux, faisant taire leur sensibilité et exerçant leur seule intelligence. (Le rire, p.6 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Ce que la vie et la société exigent de chacun de nous, c'est une attention constamment en éveil, qui discerne les contours de la situation présente, c'est aussi une certaine élasticité du corps et de l'esprit, qui nous mette à même de nous y adapter. Tension et élasticité, voilà deux forces complémentaires l'une de l'autre que la vie met en jeu. (Le rire, p.14 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Toute raideur du caractère, de l'esprit et même du corps, sera donc suspecte à la société, parce qu'elle est le signe possible d'une activité qui s'endort et aussi d'une activité qui s'isole, qui tend à s'écarter du centre commun autour duquel la société gravite, d'une excentricité enfin. (Le rire, p.15 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Cette raideur est le comique, et le rire en est le châtiment. (Le rire, p.16 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
[...] le comique se balance entre la vie et l'art - le rapport général de l'art à la vie. (Le rire, p.17 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Peut devenir comique toute difformité qu'une personne bien conformée arriverait à contrefaire. (Le rire, p.18 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Pour que l'exagération soit comique, il faut qu'elle n'apparaisse pas comme le but, mais comme un simple moyen dont le dessinateur se sert pour rendre manifestes à nos yeux les contorsions qu'il voit se préparer dans la nature. C'est cette contorsion qui importe, c'est elle qui intéresse. (Le rire, p.20 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Sans doute c'est un art qui exagère et pourtant on le définit très mal quand on lui assigne pour but une exagération, car il y a des caricatures plus ressemblantes que des portraits [...] (Le rire, p.20 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
L'art du caricaturiste est de saisir ce mouvement parfois imperceptible, et de le rendre visible à tous les yeux en l'agrandissant. Il fait grimacer ses modèles comme ils grimaceraient eux-mêmes s'ils allaient jusqu'au bout de leur grimace. (Le rire, p.20 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Si donc on voulait définir ici le comique en le rapprochant de son contraire, il faudrait l'opposer à la grâce plus encore qu'à la beauté. Il est plutôt raideur que laideur. (Le rire, p.22 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Imiter quelqu'un, c'est dégager la part d'automatisme qu'il a laissée s'introduire dans sa personne. (Le rire, p.25 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Nous ne commençons à devenir imitables que là où nous cessons d'être nous-mêmes. Je veux dire qu'on ne peut imiter de nos gestes que ce qu'ils ont de mécaniquement uniforme et, par là même, d'étranger à notre personnalité vivante. (Le rire, p.25 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
Cet infléchissement de la vie dans la direction de la mécanique est ici la vraie cause du rire. (Le rire, p.26 , Ed. Quadrige/PUF , 1940) Les gestes d'un orateur, dont aucun n'est risible en particulier, font rire par leur répétition. C'est que la vie bien vivante ne devrait pas se répéter.
[...] l'art du vaudevilliste étant peut-être de nous présenter une articulation visiblement mécanique d'événements humains tout en leur conservant l'aspect extérieur de la vraisemblance, c'est-à-dire la souplesse apparente de la vie. (Le rire, p.28 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
[La société:] Vivant en elle, vivant par elle, nous ne pouvons nous empêcher de la traiter comme un être vivant. (Le rire, p.34 , Ed. Quadrige/PUF , 1940)
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