Bernard Raquin
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« Répondre #1 le: Samedi 13 Novembre 2010, 14:39 » |
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Bonjour Globule06 et bienvenue. En fait il y a 2 conceptions du karma. Orientale, hindouiste et bouddhiste, pour qui le karma est une punition. J'ai été souvent choqué d'entendre des religieux hindous ou bouddhistes dire que les pauvres c'était de leur faute, les aveugles aussi, car ils avaient fait le mal dans leur vie passée. A mes yeux, il s'agit d'une impasse spirituelle. Ces 2 religions sont très fatalistes, comme le judaïsme et l'islam. On paie pour les péchés des parents ou ceux des vies antérieures. On trouve cela dans l’Évangile, à propos d'un aveugle-né guéri par Jésus : "Est-ce lui qui a péché, ou ses parents ?" Si c'est lui, c'est forcément dans une vie antérieure, car il était né aveugle.
Dans l'islam et le judaïsme fondamentaliste, les handicapés sont cachés et souvent maltraités, car ils apportent la honte à leurs parents : ils sont considérés socialement comme une punition pour inconduite. De même, la misère est une punition divine, et la richesse une récompense divine : on trouve cette théologie chez les Sumériens, mais aussi chez les brahmanes. Le "dialogue de Job" est une reprise d'un texte sumérien, et on trouve le même thème chez les hindouistes.
Ce fut aussi le cas (assez peu de temps) chez les Chrétiens, notamment dans le jansénisme. Basé sur la théologie de Saint-Augustin, le jansénisme estimait que seul Dieu pouvait accorder la grâce à qui il voulait ; car l'homme ne pouvait faire son salut par lui-même, étant entaché par la faute d'Adam. Cela fut considéré comme une forme de fatalisme, enlevant la liberté humaine, fondement même du christianisme, né de l'abolition des lois archaïques. Ainsi les efforts spirituels devenaient inutiles, puisque le salut ne dépendait plus de soi, mais de l'éventuelle grâce divine. Cela fut donc considéré comme une interprétation hérétique, et combattu par les théologiens catholiques.
Dans l'hindouisme (et largement dans le bouddhisme), ce fatalisme sert à justifier le maintien des castes, les prêtres, les commerçants, les artisans, les paysans, les parias. Cela transparaît partout en Inde. Donc, pour maintenir leurs privilèges, les riches considèrent que les pauvres ou les handicapés n'ont que ce qu'ils méritent. D'où le fait de jeter aux ordures les handicapés ou les vieux, ceux-là même que recueillaient Mère Térésa et les autres religieuses.
Donc, le karma, dans son interprétation orientale, est une punition. Il faut expier en souffrant : c'est la loi du Talion de vie en vie : on a fait le mal, donc on le subit, on a fait le bien, on est récompensé. C'est d'ailleurs absurde, car on peut éviter des millions d'aveugles-nés par l'hygiène pendant la grossesse et surtout pendant l'accouchement. Et on trouve des "parias" hindous millionnaires en euros. On trouve aussi des brahmanes (caste des prêtres et maharadjahs) plutôt pauvres.
En Occident, notre conception du karma est influencée par la philosophie chrétienne : ce n'est pas seulement une punition, mais une opportunité de rédemption. L'être humain n'est pas condamné à vivre le "destin écrit sur des tablettes dans le ciel", comme le croyaient les Sumériens, et comme l'indique encore le Coran. De même, on trouve dans le Talmud et dans des interprétations coraniques : "celui qui est né pour le bien fera le bien, ensuite il ira au paradis ; celui qui est né pour le mal fera le mal, ensuite il ira en enfer."
On trouve, en Occident, le substrat chrétien dans les fondations du développement personnel : il n'y a pas de fatalité, nul n'est condamné s'il le veut, l'amour guérit, l'entraide est possible, on peut choisir de faire le bien et évoluer, à tout pécheur miséricorde... Beaucoup de thèmes du développement personnel sont du "christianisme profane" : le pardon, la liberté intérieure, le libre-arbitre, le choix de ses actions, la générosité, l'évolution, le maître intérieur, le partage, la reconnaissance de ses erreurs comme porte d'entrée de la liberté...
Cela entraîne une conception du karma, pour les réincarnationnistes, ouverte sur l'avenir et non tournée vers le passé. Ainsi, une personne qui est morte noyée n'est pas "punie" en ayant peur de l'eau. Elle est "marquée" émotionnellement, et peut s'en sortir. En découvrant l'origine de sa phobie, elle peut s'en libérer. Ainsi elle transforme sa peur en force, elle transforme sa part d'ombre en part de lumière. De même, une personne qui est morte étranglée est marquée, mais ce n'est pas une punition : c'est aussi un souvenir inconscient : la clairvoyance (la prise de conscience) la fait échapper au destin. Ainsi l'être humain redevient maître de son destin, car il est né libre : ce que les Chrétiens appellent demande de pardon, expiation et rédemption, les psys l'appellent prise de conscience et changement. Le mécanisme psychologique, très puissant, est le même.
Ainsi, le concept des vies antérieures, appliqué au développement personnel, favorise l'intégration des traumatismes, en les transformant en énergie. Le blocage devient occasion de libération. La misère, le handicap, ne sont pas des punitions de la vie antérieure, mais des faits, qui ne résument pas l'identité de la personne. Son identité étant bien plus large que ses problèmes, l'être humain peut se propulser vers les sommets. D'ailleurs, on voit des pauvres, des handicapés, faire de la musique, des sciences, des affaires, et contribuer magnifiquement à l'humanité. Preuve, s'il en était besoin, que, quelle que soit sa condition ou son handicap, on peut faire de sa vie une oeuvre d'art. C'est, à mes yeux, le message de la thérapie par les vies antérieures.
N'hésitez pas à poursuivre la discussion... (ainsi que les autres membres du forum !)
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