Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
Jeudi 09 Février 2012, 18:31
Accueil Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous
Nouvelles: Vous Etes Au Bon Endroit !                                                                                Abonnez-vous au flux rss!


 
   
   
   
   
   
   
   
 

+  Heureux-Ensemble.com/forum
|-+  Tout Pour Votre Epanouissement
| |-+  Poésie et Littérature
| | |-+  Vive la poésie, vive la littérature !
« sujet précédent | | sujet suivant »
Pages: 1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 [32] 33 34 35 36 37 38 39 40 41 Bas de page Envoyer ce fil Imprimer
Auteur Fil de discussion: Vive la poésie, vive la littérature !  (Lu 4199 fois)
maryam7
Membre Senior Indispensable
****
Messages: 440


« Répondre #465 le: Dimanche 05 Septembre 2010, 20:17 »

Couche-toi sur la grève
et prends en tes deux mains,
Pour le laisser couler ensuite, grain par grain,
De ce beau sable blond que le soleil fait d'or;
Puis, avant de fermer les yeux, contemple encor
La mer harmonieuse et le ciel transparent;
 Et, quand tu sentiras, peu à peu, doucement,
 Que rien ne pèse plus à tes mains plus légères,
Avant que de nouveau tu rouvres tes paupières,
Songe que notre vie à nous emprunte et mêle
Son sable fugitif à la grève éternelle.

 Sur la grève, Henri de Régnier
Les Médailles d'argile[/left]
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #466 le: Lundi 06 Septembre 2010, 13:55 »

LES  5 BLESSURES DE L’AME
 

Je guette aux portes des 5 blessures de l’âme

La louve rôde autours de la citadelle

Ses yeux rouges dans la nuit, malade

De n’pouvoir me tuer d’un seul jet

De ses prunelles qui ne voient que sa vérité

 

Est ce le danger ou l’évidence de la guerre

Mon cœur exhorte à la prudence mes viscères

La lave coule, dévale le long de mes synapses

Mon ego se cale derrière les meurtrières

 

Jusqu’à ce que la nuit soit totale

Les nerfs bandés comme des archets

J’harangue ma drôle d’armée de phrases assassines

Nous sommes les pires des canailles

Quand il faut se quitter

 

Elle va tester toutes mes limites

Huhuler à toutes les guérites

Jusqu’à ce que le ciel se déchire

Attaquer de mille tactiques

Les cubes de ce château en plastique

Car le roi doit mourir aujourd’hui

 

Je guette aux portes des 5 blessures de l’âme

La justicière abandonnée

Aura jeté toutes ses poubelles

Avant que le jour ne soit tombé

Sur ce no love ‘s land barbelé

Est ce à ma liberté qu’est adressé ce blâme

Ou à un non amour prisonnier

D’un cachot que nulle porte ne condamne

Mieux que mon cœur d’évadé

Les otages de ce mélodrame on tous signé

 

Tu peux tester toutes mes limites…
 

Alors monstre toi bout de femme

Si tel est le prix à payer

Ton venin lie ma boue à ton âme

Je te pardonne et je m’affranchis

Tu pars je te redonne ta vie

Le rideau de velours peut tomber

 
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #467 le: Mardi 07 Septembre 2010, 12:59 »

Voici les paroles ou lyrics de Au-delà des apparences interprétées par Pierre Bachelet :

Bonhomme
T'es pas pareil que ma pomme
Plus petit, plus grand c'est ça comme
On s'en fout on est des hommes

Bonhomme
On n'a pas bu le même rhum
Moi du nord toi des Dom Tom
Tape dans la main, c'est ça comme

Au-delà des apparences
Apprécier les différences
Découvrir nos ressemblances
Et marcher de connivence

Par-delà les certitudes
Bousculer nos habitudes
Surveiller son attitude
Refuser l'ingratitude

Madame
Entre les hommes et les femmes
On se déchire, on se damne
On complimente, on diffame

Madame
Bien plus que ton corps de femme
Nos doutes, nos pleurs et nos drames
C'est le mystère de ton âme

Au-delà des apparences
Refuser l'indifférence
Se garder de la méfiance
Pour s'aimer dans la confiance

Confidences pour confidences
Mon bonheur c'est ta présence
La vie est un pas de danse
Rythmons-le dans le même sens

Petit frère
On ne vit plus comme nos grands-pères
Ils ont du mal à s'y faire
Tout va si vite sur la Terre

Petit frère
Faut pas leur jeter la pierre
C'est leurs bagarres, leurs colères
Qui ont forgé ton univers

Au-delà des apparences
Retenir son arrogance
C'est si doux de vivre en France
A chacun son jour de chance

Par-delà le temps qui passe
Au vieux monde tu feras face
Tes combats seront la trace
De ton chemin de Damas

Bonhomme
Nous ne sommes que ce que nous sommes
Ne pas l'accepter en somme
C'est refuser d'être un homme
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #468 le: Mardi 07 Septembre 2010, 13:05 »

C'est une orange peu commune qui est venue habilement, petit à petit se faire une place dans ma corbeille à fruits, parmi les autres fruits un peu pourris d'être rester la en attendant que j'y goûte mais qui ne me font pas envie...

Cette orange de calibre moyen si je puis dire ainsi, un peu plus petite que toutes celles qui sont passées dans mes mains jusqu'à présent, se fait remarquer par son apparence couleur orange claire proche du citron, qui présume dans sa chaire une fois déshabillé, un goût acidulé qui repousserai quiconque oserai y croquer.... Mais tout ceci n'est qu'une affaire d'apparence....

Quelle est son histoire à cette petite orange pour se trouver maintenant ici?

Peut etre a t' elle joué au jeu des milles bornes voir plus, pour se confondre sur l'étalage du primeur du coin parmi toutes ses soeurs et cousines orange....

Que m'a t' il pris? Quand j'ai tendu la main vers celle la, non celle ci, non trop molle, non trop ronde, pas assez ceci, pas assez cela....

Que m'a t' il pris? Quand ma main n'hésite plus c'est ELLE car elle se différencie, elle n'est pas comme les autres.... Pourtant d'apparence peu normal pour une orange, elle ne se montre pas sous son meilleur jour, mais c'est elle que je veux....

Je choisi, je prends, j'emporte donc dans ma corbeille....

Le temps est venu de déguster ma petite orange de calibre moyen, je l'observe... Qu'est ce que je lui trouve? Son air de citron acide me fait rire....

Je lui enlève son écorce d'apparence si dur mais qui ne l'est pas tant.... Je regarde sa chaire d'apparence si sèche et peu avenante mais qui sous mes doigts me parait bien tendre.... Je porte à la bouche mon premier quartier d'apparence si acre mais qui une fois croqué s'avère etre d'une douceur hors du commun.... La meilleure orange que j'ai eu dans mon panier à fruits....

Enfin, une petite orange métaphorique, tout ça pour dire qu'il est préférable d'aller au delà des apparences, on peut etre surpris
L'orange poème
JePoeme publié(e) par sanaro
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #469 le: Mardi 07 Septembre 2010, 13:09 »

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

A. Rimbaud
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #470 le: Mardi 07 Septembre 2010, 13:23 »

Voir au delà des apparences

Deux anges s’arrêterent pour passer la nuit
dans la maison d’une famille aisée.
La famille était mauvaise
et refusa que les anges demeurent
dans la chambre d’amis de la maison.
A la place, ils laissèrent les anges dormir
dans une petite pièce dans le sous-sol froid.
Pendant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur,
le plus âgé des anges aperçut un trou
dans le mur et le répara.
Quand le plus jeune des anges
demanda pourquoi,
le plus âgé des anges répliqua :
"Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent".

La nuit suivante, nos compères arrivèrent
pour se reposer dans une maison
où les gens étaient vraiment pauvres
mais où le fermier et sa femme était très hospitaliers.
Après avoir partagé le peu de nourriture qu’ils avaient,
le couple laissa les anges dormir dans leur lit
pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil.
Lorsque le soleil se leva le lendemain matin,
les anges trouvèrent le fermier et sa femme en larmes.
Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction,
gisait morte sur le sol.

Le plus jeune des anges était furieux
et demanda au plus âgé des anges
comment il avait pu laisser faire cela.
"Le premier homme avait tout et tu l’as aidé",
accusa l’ange.
La deuxième famille avait peu
mais était disposée à tout partager
et tu as laissé sa vache mourir.

"Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent",
répliqua le plus vieux des anges.
"Quand nous somme restés dans le sous-sol de la maison,
je me suis aperçu qu’il y avait de l’or caché
dans ce trou dans le mur.
Etant donné l’obsession du propriétaire
pour l’argent et sa volonté de ne pas partager sa fortune,
j’ai scellé le trou afin qu’il ne le retrouve plus".
Et la nuit dernière, lorsque nous étions endormis
dans la chambre du fermier,
l’ange de la mort est venu chercher sa femme
et je lui ai donne la vache à la place.
"Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent."
Le Jardin des Fées
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #471 le: Mardi 07 Septembre 2010, 14:57 »

Poème : Drogue..
Par Caroe

Pourquoi coca?ne :
Pour que la police fasse son job comme tout le monde
Pour gâcher la vie d'une personne chère à nos yeux
Pour dire aux autres que tu aimes être cool
Pour ne pas te sentir seul
Pour oublier tes problèmes
Pour voir ce que ça fait quand t'es bozé
Pour dire aux autres que tu n'aimes pas la vie
Maudite drogue de merde !!

Poème : Elixir  Poeme alcool
Par Atome l

C'est souvent à la première goutte,
Que d'en boire un verre, on doute.
Après la première gorgée,
Et le plus souvent en soirée,
On se laisse entrainer.
On en boit en grosse quantité.

C'est souvent à la dernière goutte,
Qu'on a fini d'avoir un doute.
Après la dernière gorgée,
Et le plus souvent bourré,
On fini par dégueuler,
Et cela en grosse quantité.


Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #472 le: Samedi 11 Septembre 2010, 16:12 »

Le hain teny, à Madagascar est lui aussi une forme de poésie traditionnelle brève.

Que gronde l’orage au Mont des- Immortels
Au Pays-des-Enfants fleurit l’orchidée
Eclatent les pleurs de Jeune-Tourterelle
Eclatent les rires de Ne-craint-le-retour
Ne soit pour le deuil aucun juste retour
Mais soit pour l’amour la justice accordée.

(Trad. : Bakoly Domenichini-Ramiaramanana)
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #473 le: Samedi 11 Septembre 2010, 16:54 »

La vie est un combat...
La vie est le plus long des combats
Et on y peut rien c'est comme ca
Tout ce qu'on peut faire c'est lutter
Surtout ne jamais désespérer
Si on a parfois mal au coeur
Pris dans l'étau de nos malheurs
Il faut savoir sur qui compter
Trouver ses amis, ses alliés
Donc ne baisse pas les bras
Car la vie ne t'attendra peut etre pas
N'ais pas honte si tu pleures
Il est normal d'avoir peur
Alors sèche vite tes larmes
Ton courage sera ta meilleur arme
Pour être face a face à ton destin
A la crainte de l'inconnu, de demain
Car au sommet de chaque montagne, un nouvel horizon
Apres chaque hiver, une douce saison
La vie est le plus long des combats
Mais moi je sais que tu y arriveras...
L'ange de feu*
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #474 le: Mardi 14 Septembre 2010, 14:52 »

Les nomades


File indienne foulant les pavés d’un soleil
Oblong, les nomades invalident leurs pas
Poussière qui effrite l’horizon scélérat
La soif s’immisce dans leur état de veille

Lenteur, solitude les aubes seront parjures
Le soleil s’obstine et décline le ciel hébété
Dans sa vision orangée au pinceau lacéré
Le sable obstiné ventile sa présence

Les nomades glissent sur le lac des dunes
Féerie où s’ennuie l’arbitraire, les regards
Fouillent l’illusion, apostrophe du désert
Hier, demain, se fondent en une sorte d’estampe

Ils s’asseyent las, le feu reçoit leur lassitude
La nuit étanche leur faiblesse, ils dorment
Songes apocryphes que dissipe l’amour
File indienne sillonnant le lever du jour
 Raymonde verney
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #475 le: Mardi 14 Septembre 2010, 14:54 »

Liberté naissante

L’ombre fugitive de mes implorations
Rivée à la vision des hommes à leur chaîne
La lumière défile aux pavés des passions
Traîne la servitude à l’enclos du domaine

L’égoïsme puissant ajuste la terreur
Et ronge les espoirs des concordes divines
La norme nécessaire qui compense l’erreur
Grandiose d’énergie désamorce les mines

Pour que vive à présent la nuée hors carcan
La verrai sentiments aux couleurs confondues
Et la paix nonchaloir se grandir en titan
A distance des jougs, des notions révolues

L'opprimante beauté en mère des vertus
Forge sa volition dans leurs chants d'allégresses
Le cacique doté, les hâlés sont pourvus
La liberté cueillie, aux moissons des sagesses.

Artal (Istres)
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #476 le: Mardi 14 Septembre 2010, 15:25 »

Léo Ferré
ON N'EST PAS SÉRIEUX QUAND ON A DIX-SEPT ANS
Poème d'Arthur Rimbaud ("Roman"), 1870


On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants!
On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin!
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière.
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche ...

Nuit de juin! Dix-sept ans! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite, là, comme une petite bête...

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux-col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire!...

Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #477 le: Mardi 14 Septembre 2010, 15:33 »

La Lyre et les Doigts

Une muse, immobile et la tête penchée,
Ne chantait plus ; la lyre en soupirait d'ennui,
Et, se plaignant aux doigts de n'être plus touchée,
Disait : « Quelle torpeur vous enchaîne aujourd'hui ?

« Je ne puis rien sans vous, réveillez-vous, doigts roses ;
L'air est si lourd, j'ai peine à vous parler tout bas,
Car mes fibres sans vous, comme des lèvres closes,
Amoncellent des voix qui ne s'élèvent pas.

« Abattez-vous sur moi, comme au vol du zéphire
On voit dans les rayons tourbillonner les fleurs ;
Arrachez-moi mon cri comme au lin qu'on déchire,
Ou sur moi, lentement, glissez comme des pleurs.

« Sinon, si par mépris vous me laissez oisive,
Rendez ma double branche au front carré des bœufs ;
De quel autre baiser voulez-vous que je vive
Que du baiser des doigts qui m'ont faite pour eux ? »

« Lyre, que pouvons-nous ? Sommes-nous l'harmonie ?
Est-ce nous le délire ? Est-ce nous la langueur ?
Et ne sentons-nous pas, esclaves du génie,
Tous nos frissons liés par le sommeil du cœur ?

« Il est le dieu, la main subit sa fantaisie :
Parfois il nous trahit sans nous avoir lassés,
Et parfois, sans pitié, sa longue frénésie
Nous agite sanglants dans les sept fils cassés !

« Implore-le toujours, quelques chants que tu veuilles,
Car nous les lui devons, les chants que tu nous dois :
Sans les brises d'été plus de murmure aux feuilles,
Sans les souffles du cœur plus d'éloquence aux doigts ! »

Sully Prudhomme
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #478 le: Mardi 14 Septembre 2010, 15:36 »

Avoir et Être (yves duteil)

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni Dieu ni Maître,
Le verbe Être s'est fait avoir..

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté, sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été. 
Signaler au modérateur   Journalisée
torche joyeuse
Etoile du Forum Heureux-Ensemble
*****
Messages: 2 292


« Répondre #479 le: Jeudi 23 Septembre 2010, 17:37 »

L'ennemi du soleil
Il y avait un homme qui était l’ennemi du Soleil. Il détestait cette chose lumineuse et brûlante, en permanence au-dessus de lui, quoi qu’il fasse. Il détestait le Soleil à cause de la lumière crue du jour, à cause de la chaleur, de tous les contrastes, ombres et lumières, qu’il projetait sur la terre et autour de lui. Il avait l’impression que le Soleil lui volait quelque chose.

Il n’aimait que les ténèbres et la fraîcheur de l’ombre. Il ne regardait jamais le Soleil car, lorsqu’il essayait, celui-ci l’aveuglait.

Le Soleil était donc devenu son ennemi.

Un jour, il creusa un trou dans la terre pour se protéger de lui. Sa peau, qui avait commencé à noircir, redevint à nouveau blanche et le contraste des ombres cessa de l’agresser.

Lorsqu’il fut à l’intérieur de son trou, il réalisa que le Soleil continuait à l’inonder de sa lumière et le trou de ténèbres qu’il avait voulu creuser était finalement plus lumineux que la terre sur laquelle il marchait jusque-là.

Il s’enfonça alors plus profondément. Il creusa un puits et une galerie. Là, il parvint enfin à se protéger du Soleil.

Il vécut ainsi des années dans ce trou, à méditer dans la solitude et la fraîcheur d’une ombre jamais défiée par le Soleil et la lumière.

Au-dessus, sur la terre, les hommes cultivaient, se chauffaient avec le Soleil. Ils en avaient fait un Dieu protecteur et bon. Le Soleil était devenu leur ami et leur allié. Ils savaient maîtriser ses ardeurs. Ils le connaissaient à toutes les saisons. Le Soleil prodiguait ses bienfaits, sauf pour cet homme qui en vint, peu à peu, à mourir dans sa galerie. Lorsqu’il fut bien mort, on n’eut pas besoin de creuser sa tombe qui était déjà toute prête...
Signaler au modérateur   Journalisée
Pages: 1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 [32] 33 34 35 36 37 38 39 40 41 Haut de page Envoyer ce fil Imprimer 
« sujet précédent | | sujet suivant »
Aller à:  


Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.13 | SMF © 2006-2009, Simple Machines LLC XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !
Page générée en 0.913 secondes avec 20 requêtes.