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Auteur Fil de discussion: Vive la poésie, vive la littérature !  (Lu 4166 fois)
maryam7
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« Répondre #450 le: Samedi 28 Août 2010, 14:20 »

Chant du ciel

La fleur des Alpes disait au coquillage : « tu luis »
Le coquillage disait à la mer : « tu résonnes »
La mer disait au bateau : « tu trembles »
Le bateau disait au feu : « tu brilles »
Le feu me disait : « je brille moins que ses yeux »
Le bateau me disait : « je tremble moins que ton coeur quand elle paraît »
La mer me disait : « je résonne moins que son nom en ton amour »
Le coquillage me disait : « je luis moins que le phosphore du désir dans ton rêve creux »
La fleur des Alpes me disait :« elle est belle »
Je disais : « elle est belle, elle est belle, elle est émouvante ».

Robert Desnos ("Corps et biens", les ténèbres - Gallimard,1930 et Poésie/Gallimard, 1968)
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maryam7
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« Répondre #451 le: Samedi 28 Août 2010, 14:22 »

Le canapé de Paméla

Le canapé de Paméla
Le Panapé de Caméla
Le Panala de Camépé

Est un beau canaquois
Est un nabeau est un naquois
Charmante Panapé
Charmante Paméla

Le charme de Paméla
Le charme du canapé
Il est passé par ici
Il repassera par là
C’est un nabeau c’est un naquois
Charmante Paméla
Délicieux canapé

Robert Desnos ("Youki 1930 Poésie" - publication posthume dans "Destinée arbitraire" - Gallimard, 1975)
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maryam7
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« Répondre #452 le: Samedi 28 Août 2010, 14:43 »

 

mer ... .

quand tu nous appelles ... .

 

ô mer ... .

quand tes vagues envahissent n'autre âme

quand l'âme suit tes vagues

 

ô mer en appel ... .

quand tu nous emmènes dans ta bohème

quand tu nous guides vers ta source

 

vers tes origines,

vers nos racines

 

ô marie de la mer
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« Répondre #453 le: Samedi 28 Août 2010, 19:39 »

Le chant des partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
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maryam7
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« Répondre #454 le: Samedi 28 Août 2010, 19:42 »

The Partisan - Leonard Cohen391 
Ce titre est extrait de l'album : Songs From A Room

The PartisanWhen they poured across the border
(Quand ils eurent traversé en masse la rivière)
I was cautioned to surrender,
(Ils me demandèrent de capituler,)
This I could not do ;
(Mais je ne pouvais pas faire ça;)
I took my gun and vanished.
(J'ai pris mon arme et j'ai disparu.)

I have changed my name so often,
(J'ai changé si souvent de nom,)
I've lost my wife and children
(J'ai perdu ma femme et mes enfants)
But I have many friends,
(Mais j'ai beaucoup d'amis,)
And some of them are with me.
(Et certains sont avec moi.)

An old woman gave us shelter,
(Une vieille femme nous a hébergé,)
Kept us hidden in the garret,
(Nous gardant caché sous la mansarde,)
Then the soldiers came ;
(Puis les soldats vinrent Clin d'oeil
She died without a whisper.
(Elle mourut sans un murmure.)

There were three of us this morning
(Nous étions trois ce matin)
I'm the only one this evening
(Il n'y a plus que moi ce soir)
But I must go on ;
(Mais je dois continuer Clin d'oeil
The frontiers are my prison.
(Les frontières sont ma prison.)

Oh, the wind, the wind is blowing,
(Oh, le vent, le vent souffle,)
Through the graves the wind is blowing,
(A travers les tombes, le vent souffle,)
Freedom soon will come ;
(La liberté viendra bientôt Clin d'oeil
Then we'll come from the shadows.
(Puis nous sortirons de l'ombre.)

Les allemands étaient chez moi,
Ils m'ont dit : "résigne-toi",
Mais je n'ai pas peur ;
J'ai repris mon âme.
J'ai changé cent fois de nom,
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis ;
J'ai la france entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a caché,
Les allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.

Oh, the wind, the wind is blowing,
(Oh, le vent, le vent souffle,)
Through the graves the wind is blowing,
(A travers les tombes, le vent souffle,)
Freedom soon will come ;
(La liberté viendra bientôt Clin d'oeil
Then we'll come from the shadows.
(Puis nous sortirons de l'ombre.)
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maryam7
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« Répondre #455 le: Samedi 28 Août 2010, 19:46 »

La Marseillaise est un chant guerrier de la Révolution française, adopté depuis lors comme hymne national par la République française.
Écrite par Rouget de Lisle en 1792 pour l'armée du Rhin suite à la déclaration de guerre de la France à l'Autriche, ses paroles consistent essentiellement en une exhortation au combat contre les « hordes ennemies », pour la victoire et le salut de la Patrie. Elle a été adoptée comme hymne national français le 14 juillet 1795.

Premier couplet
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
 
Refrain :
Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
 
Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
 
Couplet 2
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
 
Refrain
Couplet 3
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
 
Refrain
Couplet 4
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !
 
Refrain
Couplet 5
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
 
Refrain
Couplet 6
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
 
Refrain
Couplet 7
(dit couplet des enfants)
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre
 
Refrain
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« Répondre #456 le: Samedi 28 Août 2010, 19:58 »

Poulailler's Song - Alain Souchon
Refrain] :
Dans les poulaillers d'acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D'la volaille qui fait l'opinion.
Ils disent :

"On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens.
Y a une sélection. C'est normal.
On lit pas tous le même journal,
Mais comprenez-moi : c'est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes.
Mais comprenez-moi : c'est dur à voir.
Quels sont ces gens sur mon plongeoir ?"

[Refrain]

"On peut pas aimer tout Paris.
N'est-ce pas y a des endroits la nuit
Où les peaux qui vous font la peau
Sont plus bronzées que nos p'tits poulbots ?
Mais comprenez-moi : la djellaba,
C'est pas ce qui faut sous nos climats.
Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir."

[Refrain]

"Que font ces jeunes, assis par terre,
Habillés comme des traîne-misère.
On dirait qu'ils n'aiment pas le travail.
Ça nous prépare une belle pagaille.
Mais comprenez-moi : c'est inquiétant.
Nous vivons des temps décadents.
Mais comprenez-moi : le respect se perd
Dans les usines de mon grand-père."

Mais comprenez-moi...

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« Répondre #457 le: Samedi 28 Août 2010, 20:02 »

Gilbert Montagné
 
 
Paroles de la Chanson : Liberté
Changer de maison, écrire des chansons, en liberté
Sortir dans la rue, me sentir perdu, en liberté
Vivre la vie de ces gens d'en face
Vivre en souriant tout seul dans ma glace

Voler un bateau, pour marcher sur l'eau, en liberté
Chanter sous la pluie, brûler toutes mes nuits, en liberté
Me noyer d'alcool et de tabac
Pour ne plus jamais penser à toi


Refrain
Liberté, en paroles, en musique
Liberté, sous d'autres Amériques
Liberté, être un danger public
Un voyou romantique
Liberté, loin des cris de la fête
Liberté, de victoire en défaite
Liberté, à en perdre la tête
Libéré de t'avoir aimée
______

Changer de planète, être ou ne pas être en liberté
Partir sur une île, aimer d'autres filles, en liberté
Se réveiller entre chien et loup
Pour ne plus jamais penser à nous

Refrain
Liberté, en paroles, en musique
Liberté, sous d'autres Amériques
Liberté, être un danger public
Un voyou romantique
Liberté, loin des cris de la fête
Liberté, de victoire en défaite
Liberté, à en perdre la tête
Désespéré peut-être
______

Liberté, et renaître à la vie
Liberté, encore un pas en vie
Liberté, et déjà dans la ville
Quelque part tu m'oublies

Refrain
Liberté, en paroles, en musique
Liberté, sous d'autres Amériques
Liberté, être un danger public
Un voyou romantique
Liberté, loin des cris de la fête
Liberté, de victoire en défaite
Liberté, à en perdre la tête

Désespéré peut-être
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« Répondre #458 le: Samedi 28 Août 2010, 21:04 »

La joie dans le cœur

J’ai tant de  joie dans le cœur

C’est un vrai grand bonheur

Car Dieu me remplit d’amour

De douceur  ainsi chaque jour   

Il éclaire ma route, ainsi que ma vie

 Il adouci mes peines, enlève mes soucis

Il apporte la sérénité comme une douce paix

A chaque instant de ma vie avec amour à volonté   

Jamais il ne m’abandonne, il me soutient toujours

Oui il  est toujours présent, il est mon grand secourt

Il est toujours à mon écoute, il répond à mes prières

Il conduit mon cœur avec amour, par sa douce lumière   

Toujours il me donne le choix, de suivre le chemin

Que mon cœur désire, sans contrainte où obligation

Il m’apprend la charité comme surtout la compassion

Il est toujours avec moi, oui il me tend sa douce main. 

Par Doucepoésie
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« Répondre #459 le: Samedi 28 Août 2010, 21:07 »

La Joie de vivre

J'aime ta frimousse de moineau du bonheur.
Tu séduis par ta vive pétulance.
Chacun de tes pas sublime l'art de la danse.
Ton esprit pur suit son code d'honneur.
Ton coeur chante et palpite comme un oiseau ivre:
Tout ton être irradie la joie de vivre.

Ton sourire a la douceur sucrée d'un nectar.
O belle des belles, douce des douces,
Tu es une source enchantée qui m'éclabousse !
Mille succès te viendront sans retard.
Les pages de ta vie formeront un beau livre,
Car ton être irradie la joie de vivre.

Jusqu'au fond de ton " moi ", tu es belle à croquer !
Tu poses sur le monde un oeil-caresse,
Tout plein de rire ingénu, d'espoir, de tendresse.
Ton âme exhale un parfum de bouquets...
Te regarder m'émeut, m'enthousiasme, m'enivre.
Tout ton être irradie la joie de vivre.

Ton dynamisme éblouit, communicatif.
Tu sais lutter . Ton courage est immense.
Tu es un arc fier, tendu vers la performance.
Tes gestes , mots sont significatifs.
Une halte de réflexion ? C'est pour mieux poursuivre !
Toujours dominera ta joie de vivre...

Tu rayonnes d'éclat, de beauté sans pareils.
Un charme fou... La grâce ailée d'un cygne ...
Ton regard lumineux rêve, ton corps trépigne.
Ta chevelure attrape le soleil,
Retient son feu magicien, de miel et de cuivre,
Transcendant en divin ta joie de vivre...


© Annie Quatresol Dieufrance
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« Répondre #460 le: Dimanche 29 Août 2010, 16:57 »

Sandy-Loup Admin
Prière-Poème à mon frère Loup   
 
Mon ami, mon frère,
A l'heure ou le soleil baisse à l'horizon,
tu t'éveilles pour chanter à l'unisson.
A l'heure où l'humain ne distingue plus son chemin
tu ouvres tes yeux d'or et suis les sentiers en un tournemain.
A l'heure où nos yeux clos se ferment pour la nuit
Tu explores tous les chemins et l'espace sans bruit.

Mon ami, mon frère,
Il fut des lieux et des temps
où j'étais plus proche de toi que des hommes
Encore aujourd'hui lentement
Tu m'apprends qui et comment on est un homme*
L'humanité tout entière t'as bafoué,
Nombre de ceux qui se croient tout-puissants
t'ont sauvagement exterminé,
Malgré tout demeure encore présent.

Mon ami, mon frère,
Lorsque Grand-Mère Lune toute ronde
vient éclairer nos noirceurs,
Faire jaillir la Lumière sous forme d'ondes
Nombre d'humains ne sont que frayeurs.
Mais malgré tous ces débilitants cheminements
Tu continues inlassablement
de veiller sur notre sommeil et nos nuits,
d'enseigner à certains le vrai fruit
Qui mène à la Lumière
Qui mène à l'Amour et aux prières.

Mon ami, mon frère,
Je suis ton humble écolière
Enseigne-moi la vérité et la connaissance
Mènes-moi sur le sentier de la Divine Présence.

Que le Tout-Puissant Grand-Esprit
M'enveloppe de ta douce harmonie,
et me rende capable de vivre ce que mon Âme a choisi
au-delà des incongruités et absurdités de ma vie,
actuellement en pleine transformation inouïe.
Wantaquo'it Louve

Avec le coeur et en toute humilité ...
Louve qui danse.
Prière à mon frère Loup grand enseignant du Grand-Esprit.

*homme : au sens être humain.

ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, la différence provient de la façon dont l'homme les perçoit.

TA MA CHI CHEN IELO HA ! Que l'Amour soit votre bouclier !
Joie, Paix, Amour, Lumière et Harmonie à tous !
 
 
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« Répondre #461 le: Dimanche 29 Août 2010, 17:07 »

A un frère

Quiconque vivant sur la terre,
Est pour moi un précieux frère.
Je vous dédie ce modeste poème,
Ecrit pour ce frère lointain, que j’aime.

Si je suis argent, tu serais l’or.
Si je suis faible, tu serais fort.
Si tu pleures, j’essuierais tes larmes.
Si tu te troubles, je te donnerais le calme.

Si je suis corps, tu serais l’âme.
Si je suis un rosier, tu serais une rose.
Si tu t’assombris, je serais ta flamme.
Si tu souffres, je serais morose.

Si tu as la fièvre, je serai malade.
Si tu as froid, je l’aurais aussi.
Si je me promène, tu serais ma balade.
Si je m’en fais, tu serais mon souci.

Si tu habites aux confins de la terre,
Je serais, par mon esprit, avec toi, mon frère.
Si tu te plains de notre monde,
Je serais à la même longueur d’onde.

Sais-Tu, mon frère, où est notre mère ?
Elle est là où l’humain existe.
On ne peut aucunement s’en soustraire.
Si quiconque pâtit, elle s’attriste.
Elle s’appelle "l’humanité", mon cher frère.

Hamri Redouane.
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« Répondre #462 le: Lundi 30 Août 2010, 19:57 »

Le cancre

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Jacques PRÉVERT (”Paroles”)

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« Répondre #463 le: Mercredi 01 Septembre 2010, 17:51 »

     Invocation

O toi qui m'apparus dans ce désert du monde,
Habitante du ciel, passagère en ces lieux!
O toi qui fis briller dans cette nuit profonde
           Un rayon d'amour à mes yeux;

A mes yeux étonnés montre-toi tout entière,
Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin.
           Ton berceau fut-il sur la terre?
           Ou n'es-tu qu'un souffle divin?

Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière?
Ou dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère,
Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin?
Ah! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie,
Ou fille de la terre, ou du divin séjour,
           Ah! laisse-moi, toute ma vie,
           T'offrir mon culte ou mon amour.

Si tu dois, comme nous, achever ta carrière,
Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux,
De tes pas adorés je baise la poussière.
Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux,
Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux,
Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre,
           Souviens-toi de moi dans les cieux.
LAMARTINE
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« Répondre #464 le: Dimanche 05 Septembre 2010, 20:03 »

ETRANGES ETRANGERS


Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
Hommes des pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
Embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
Pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
Rescapés de Franco
Et déportés de France et de Navarre
Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
La liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
Tiraillés et parqués
Au bord d’une petite mer
Où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
Qui évoquez chaque soir
Dans les locaux disciplinaires
Avec une vieille boîte à cigares
Et quelques bouts de fil de fer
Tous les échos de vos villages
Tous les oiseaux de vos forêts
Et ne venez dans la capitale
Que pour fêter au pas cadencé
La prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
Dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
Jongleurs aux innocents couteaux
Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
De jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
Le visage dans la terre
Et des bombes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
La monnaie de vos papiers dorés
On vous a retourné
Vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
Vous êtes de sa vie
Même si mal en vivez
Même si vous en mourez.


Jacques PRÉVERT « Grand bal du printemps » Éd.Gallimard 1955

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