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Auteur Fil de discussion: Vive la poésie, vive la littérature !  (Lu 4169 fois)
iown47
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« Répondre #225 le: Vendredi 09 Avril 2010, 01:17 »

MUSE LYRICS

Invincible Ringtone Send "Invincible" Ringtone to your Cell Invincible Ringtone


"Invincible"

Follow through
Make your dreams come true
Don't give up the fight
You will be alright
'Cause there's no one like you in the universe

Don't be afraid
What your mind conceives
You should make a stand
Stand up for what you believe
And tonight
We can truly say
Together we're invincible

During the struggle
They will pull us down
But please, please
Let's use this chance
To turn things around
And tonight
We can truly say
Together we're invincible

Do it on your own
It makes no difference to me
What you leave behind
What you choose to be
And whatever they say
Your souls unbreakable

During the struggle
They will pull us down
But please, please
Let's use this chance
To turn things around
And tonight
We can truly say
Together we're invincible
Together we're invincible

During the struggle
They will pull us down
Please, please
Let's use this chance
To turn things around
And tonight
We can truly say
Together we're invincible
Together we're invincible

Invincible (<!--Y<!--W)
 
Dans cette chanson, le narrateur explique, peut-être à sa petite amie ou à un(e) ami(e) (en effet, on a pas la certitude avec les paroles que le narrateur s'adresse à une fille ou à un garçon), qu'il/elle doit être fier de ce qu'il/elle est, de ses choix et qu'il/elle doit tout faire pour que ses rêves deviennent réalité, malgré les obstacles qu'il/elle rencontrera sur sa route. . :
 
 
Le narrateur lui dit aussi qu'il est quelqu'un d'exceptionnel, qu'il n'y a personne comme lui/elle dans l'univers et qu'ensemble, ils sont invicibles. . Ils ont sans doute une relation très forte.
 
N'abandonne pas
Fais en sorte que tes rêves deviennent réalité
N'abandonne pas le combat
Tu seras très bien
Parce qu'il n'y en a aucun comme toi
 
Dans l'univers
 
Ne sois pas effrayé
De ce en quoi ton âme croit
Tu devrais faire une pause
Défend ce en quoi tu crois
Et ce soir
Nous pouvons vraiment dire
 
Qu'ensemble nous sommes invincibles
 
Et pendant la bataille
Ils nous abattrons
Mais s'il te plait, s'il te plait
Utilisons cette chance
Pour changer les choses
Et ce soir
Nous pouvons vraiment dire
 
Qu'ensemble nous sommes invincibles
 
Fais quelque chose toute seule
Cela ne fait pas de différence pour moi
Ce que tu laisses derrière toi
Ce que tu choisis d'être
Et peu importe ce qu'ils disent
 
Ton âme est inaltérable
 
Pendant la bataille
Ils nous abattrons
Mais s'il te plait, s'il te plait
Utilisons cette chance
De retourner les choses
Et ce soir nous pouvons vraiment dire
Qu'ensemble nous sommes invincibles
Qu'ensemble nous sommes invincibles
 
Pendant la bataille
Ils nous abattrons
Mais s'il te plait, s'il te plait
Utilisons cette chance
De retourner les choses
Et ce soir
Nous pouvons vraiment dire
Qu'ensemble nous sommes invincibles
Qu'ensemble nous sommes invincibles. .
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« Répondre #226 le: Vendredi 09 Avril 2010, 13:53 »


J'aimerais pouvoir te dire,
Te dire combien je t'aime.
Pouvoir enfin sentir,
Que toi aussi tu m'aimes.

Dans tes yeux me noyer,
Dans tes bras m'assoupir;
Ne plus jamais pleurer,
Contempler ton sourire.

Etre la flamme intense
Qui fait brûlé*r ton coeur,
Voir dans tes yeux, qui danse,
La marque du bonheur.

Ne plus sentir la peur,
Que sur moi jamais tu ne jettes
Ce regard, qui ferait mon bonheur
En emplissant mon coeur en fête.

La douceur de ta voix,
La profondeur de ton regard,
Ce rire qui n'appartient qu'à toi,
Seront mes éternelles amarres.

Tout l'infini de l'horizon
A été mis dans tes pupilles,
Comme pour la seule raison
De hanter toutes mes nuits.

Ton nom qui tombe en cascade,
Qui roule dans mon esprit,
Se glisse entre mes lèvres hagardes
Et veut en sortir à tout prix.

Comme j'aimerais t'entendre,
A mon oreille murmurer,
Toutes ces phrases, ces mots tendres
Que dans mes rêves tu m'as susurrés.

Dans tes bras, enlacée,
J'oublierai toutes mes peines.
Ne comptera plus pour moi, je le sais,
Que le sang qui coule dans tes veines.

Mais jamais je n'oserais,
Te dire ce que je ressens.
En silence je prierai;
Pour que tu comprennes le sens,

De mes paroles cachées,
De l'étincelle dans mes yeux,
De mes rêves éveillés
Quand je me perds dans tes yeux.

Je voudrais que tu m'enlaces,
Que tes mains sur moi se posent,
Que sans un mot tu m'embrasses,
Que ma joue sur toi repose.

Laurine ROSIO
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« Répondre #227 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:03 »

Les larmes sont une sorte d’oiseau
qui habite les cœurs des êtres.
Quelquefois, elles apparaissent en bande :
Souvent, une seule prend
son envolée pour se poser sur le bord d'une paupière.En s'envolant de nous,
ces oiseaux-larmes entraînent comme des pierres sous leurs ailes,
de la douleur qui rend le cœur si lourd à porter.
Mais pour se rendre jusqu'aux yeux,
d'où ils s'échappent, ils doivent lutter
contre les vents de l'indifférence et de l'orgueil ;
Ceux qui quelquefois attrapent les oiseaux
dans un grand filet, les gardent prisonniers
en une boule au centre de la gorge.Ne capturons jamais d'oiseaux-larmes,
ce sont des messagers du monde de notre cœur.
Ils ont quelque chose à dire, à montrer aux autres.
Les oiseaux-larmes chantent la beauté de notre être.Lorsqu'une larme jaillit des yeux d'un être pour se
laisser glisser sur la joue, cueillez-la d'un baiser...
Elle donnera à vos lèvres des paroles d'amour.
(Poussière d'amour)
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« Répondre #228 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:10 »

Moi , l'astre blanc si rayonnant ,

qui ait brillé de mille feux

depuis la myriade des temps ,

j'en rougis : je suis amoureux.

Je suis Phébus aux yeux ardents ,

l'alpha et l'oméga d'amour.

Je brûle d'être son amant

pour une valse sans retour.

Un , depuis des milliards d'années ,

je ne vis que pour cet espoir.

Des qu'elle est née , j'ai adoré

ce grand coeur bleu dans le grand noir.

Moi le levant et le ponant ,

je deviendrai soleil nova ,

mes arcs-en-ciel seront déments ,

mes crépuscules incarnats.

J'embrasserai ma bien-aimée

de mes aurores boréales ,

d'un premier , d'un dernier baiser ,

qui pour nous deux sera fatal.

J'emporterai son âme bleue ,

au-delà de nos firmaments.

Notre amour , plus haut que les cieux ,

sera plus grand que le néant.
Poème d'amour du soleil à la terre par Franco-Pol
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« Répondre #229 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:10 »

/Poème d'amour de la terre au soleil par Anne Marie

Moi, l’astre bleu si docile

Te regarde de mes grands yeux bleus,

En ton absence je serais si fragile

Sans ton corps céleste si habile,

Qui m’éblouis de ses aveux

Je suis Vénus de tes passions

Et maîtresse de tes rayonnements,

Je m’embrase de ton amour ardent

Et te tournerais au tour éternellement

Deux, depuis que je suis né,

Tournant sur moi-même, pour te séduire

Mais ne sachant comment t’apprivoiser

Sur ton couchant, j’allais me blottir

Quand mes yeux bleus océans

Brilleront de tous leurs diamants,

Je transpirerais par tous mes volcans

Pour que levant, tu sois mon amant

Embrasses moi délicatement,

M’enveloppant des voiles de tes désirs

Déposes tes aurores à mon front

Pour que printemps fleurissent, de nos plaisirs

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« Répondre #230 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:15 »

Avide de bonheur
A tous ceux qu’on n’a pas su aimer
Je dis « il faut savoir pardonner »
Il ne faut pas marier aimer et solitude
Mais croire à l’amour et à sa plénitude

Fermez les yeux le temps d’un instant
Remémorez vos souvenirs d’enfant
Ne pensez plus à votre vie immonde
Comme l’adolescent, refaite le monde

Maintenant, ouvrez vos yeux
Tournez votre visage vers les cieux
Contemplez ce beau ciel bleu azur
Promettez de le maintenir beau pour le futur

Certes, les cons ne se sont pas envolés
Ils sont toujours là, à épier, à guetter
Mais la force que vous avez puisée en vous
Doit vous aider à faire face, à tenir debout

Il ne faut pas plier face à la bêtise
Mais leur montrer que le bonheur est de mise
Dans votre vie plus de place pour les gougeats
Telle la fable, soyez le roseau qui plie mais ne rompt pas

LA RAGE AU CŒUR
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« Répondre #231 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:16 »

L'étoile a pleuré rose

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,

L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles

Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.

 Rimbaud
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« Répondre #232 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:22 »

Nous dormirons ensemble
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensembles
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'ambe
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
ARAGON
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« Répondre #233 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:24 »

JE CHANTE POUR PASSER LE TEMPS

Je chante pour passer le temps
Petit qu'il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l'étang
Je chante pour passer le temps

J'ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j'ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n'est plus pareil
J'ai vécu le jour des merveilles

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d'avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l'alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu'importe à présent qu'on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s'est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune

Et j'en dirais et j'en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l'homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j'en dirais et j'en dirais

Oui pour passer le temps je chante
Au violon s'use l'archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l'ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante

Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps

(Le roman inachevé, 1956)
ARAGON
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« Répondre #234 le: Vendredi 09 Avril 2010, 14:27 »

La Mort des amants
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envie leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Baudelaire, Les fleurs du mal
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« Répondre #235 le: Dimanche 11 Avril 2010, 10:55 »

L’Orgueil   Émile Verhaeren — Les flammes hautes
Non plus parce qu'il vit d'angoisse et de souffrance,
Mais parce qu'à chaque heure il crée une espérance,
L'âpre univers est plein de foi.
Il n'importe que sous les toits,
Dans les demeures,
Quand le jour naît ou qu'il décroît,
Les prières au Christ en croix
Se meurent.
Efforts multipliés en tous les lieux du monde,
C'est vous qui recélez les croyances profondes :
Qui risque et qui travaille, croit ;
Qui cherche et qui invente, croit encore ;
Les lumières de chaque aurore
Ressuscitent, fatalement, au fond des cœurs
La confiance en leur ardeur.
Désormais c'est l'orgueil qui s'attaque au mystère
Que toujours nous propose et nous cause la terre,
Orgueil jeune et joyeux qui se mue en ferveur
Pour ne jamais se rebuter devant l'obstacle
Et soi-même créer le quotidien miracle
Dont a besoin l'esprit humain.
Ô croyance en mon front, en mes yeux, en mes mains,
Croyance en mon cerveau que la recherche enivre,
Croyance en tout mon être ardent, vibrant, dardé,
Comme vous me faites plus sûr et décidé
Dans le danger et la gloire que j'ai
De vivre !
Depuis que je me sens
N'être qu'un merveilleux fragment
Du monde en proie aux géantes métamorphoses,
Le bois, le mont, le sol, le vent, l'air et le ciel
Me deviennent plus fraternels
Et je m'aime moi-même en la splendeur des choses.
Je m'aime et je m'admire en tel geste vermeil
Que fait un homme à moi pareil
En son passage sur la terre.
Tout comme lui je suis doté
De génie et de volonté
Et ce qu'il fait, je le puis faire.
Avec mes deux poumons, je respire l'exploit
Que m'apporte le vent de tous les points du monde.
Est mien, tout penser clair, utile, allègre et droit
Dont j'ai senti l'audace en mon âme profonde.
Ainsi
Je communie
Avec toute la vie
Et des choses et des êtres.
Je me prodigue en tout, comme tout me pénètre,
Vice, vertu, mérite ou faute.
Tout mon orgueil s'exerce à bellement souffrir
Et quand il le faudra à fièrement mourir,
Pour n'abaisser jamais ma force intense et haute.
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« Répondre #236 le: Dimanche 11 Avril 2010, 10:57 »

Catulle Mendès — Contes épiques
L’Orgueil
La matière et la forme étaient encor futures.
Le Seigneur désira l'amour des créatures ;
Il fit l'Éden, le lieu magnifique et charmant,
Disant : « L'Homme y vivra dans le contentement
De respirer mon souffle et de voir ma lumière. »
Et, du pied, le Seigneur fit rouler une pierre,
Et la pierre prit vie, et ce fut l'homme.
  Dieu Dit à l'homme : « Ton nom est Adam. Le ciel bleu
Et ses astres, la terre et ses bêtes sans haine,
Celles des monts, des bois, et celles de la plaine,
Et les fleuves, et l'air sacré qui t'investit,
Et la femme dont l'œil est un ciel plus petit
Mais aux rayons plus doux que ceux des astres mêmes,
Afin qu'humble et ravi, tu m'adores et m'aimes,
Je te les donne, ainsi que le nom qui te sied. »
L'homme cria : « Pourquoi m'as-tu poussé du pied ? »
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« Répondre #237 le: Dimanche 11 Avril 2010, 10:59 »

Léon Dierx — Les Lèvres closes L’Orgueil
Monts superbes, dressez vos pics inaccessibles
Sur le cirque brumeux où plongent vos flancs verts !
Métaux, dans le regret des chaleurs impossibles,
Durcissez-vous au fond des volcans entr'ouverts !

Hérisse, amer orgueil, ta muraille rigide
Sur le coeur que des yeux de femme ont perforé !
Désirs inassouvis, sous cette fière égide,
Mornes, endormez-vous dans le sommeil sacré !

L'antique orage habite, ô monts ! Dans vos abîmes,
Et prolonge sans fin sous les cèdres vibrants
Les sonores échos de ses éclats sublimes,
Et des troncs fracassés qu'emportent les torrents.

Orgueil, derrière toi l'amour est là, qui gronde
Toujours, et fait crier l'ombre des rêves morts,
Aux lugubres appels de l'angoisse inféconde
Et des vieux désespoirs perdus dans les remords.

Sur les ébranlements, les éclairs, les écumes,
Pics songeurs, vous gardez votre sérénité.
Du côté de la plaine, ô monts ! Vierges de brumes,
Vos sommets radieux baignent dans la clarté.

Sur les déchirements, les sanglots, les rancunes,
Fermez, orgueil, fierté, votre ceinture d'or.
Du côté de la vie aux rumeurs importunes
Reluisez au soleil, et souriez encor !
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« Répondre #238 le: Dimanche 11 Avril 2010, 11:05 »

La colère (ré-édition) Ma poésie
Prête à bondir, à jaillir de son volcan

Et brûler les branches de nos élans

Tous ces vains espoirs auxquels je mens

Elle m’envahit, la retenir serait dément   

Comment résister à son appel tentant

Ne pas succomber à son pouvoir envoûtant

Destructeur, provocateur et si charmant.

C’est une tumeur qui me ronge lentement   

Ne pas essayer de l’apprivoiser en chien

Elle veut mordre et détruire mes biens

M’éloigner inexorablement des miens

Son maître est encore bien trop loin.   

Elle détruit ce qu’elle croise en chemin

Comme une armée affamée de Huns

Menée par un sanguinaire inhumain

Prêt à répandre le sang de mes mains.   

J’explose, je crie et détruis toutes ces vies

Courrez, courrez ! il vous reste le dépit

Avec le temps, passera toutes vos envies

Mais jamais vous n’oublierez ce cri   

Il résonnera jusqu’au fond de votre lit

Dans les moments les plus interdits

A jamais, elle aura votre vie pourrit

Car la colère jamais ne s'oublie 
 

La paresse (ré-édition)
Lentement, jusque par-dessus le pli de l’aine

Remonte sa grasse et bedonnante bedaine

Multiples plis formés par la mollesse malsaine

Viennent jusqu’au cou crier toute leur haine   

Avachi, comme un corps abandonné par la vie

Crasse et ordures dont les pièces sont remplies

S’amoncellent sans donner la moindre envie

Même pas celle de partir enfin vers l’oubli.   

L’huissier, avec peine arrache sa dernière scène

Comme pour lui rappeler le prix de sa peine

Perdue dans les méandres elle se démène

Sans quitter cette apathie qui se déchaîne.   

La paresse à l’aube de ses plus belles envies

Vient chercher le sang souillé de sa vie

Et s’emparer du dernier espoir ahuri

Ancré tel une enclume au fond de son lit
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« Répondre #239 le: Dimanche 11 Avril 2010, 11:09 »

Le Bateau Ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
RIMBAUD
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