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Auteur Fil de discussion: Vive la poésie, vive la littérature !  (Lu 4163 fois)
Bernard Raquin
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« le: Jeudi 08 Octobre 2009, 06:42 »

Certains textes nous troublent, nous enchantent, nous interrogent.
Parfois nous sommes saisis de beauté et d'émerveillement devant des écrits, parfois même très anciens.
Ainsi, les auteurs nous accompagnent, nous inspirent, nous réconfortent.
Ici partagez les poèmes que vous avez écrits, les poèmes que vous aimez, ou des extraits de textes littéraires.
Si vous publiez un poème, publiez-le en entier.
Si vous publiez un texte littéraire, merci de vous limiter à une page. Si cela fait moins de quatre ou cinq lignes, publiez-le dans la rubrique "citations".
Si vous publiez une chanson, indiquez le nom de l'auteur (qui n'est pas toujours l'interprète) et si possible le nom du compositeur. Mais avant, vérifiez si l'auteur accepte qu'on publie ces textes.
Merci !
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torche joyeuse
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« Répondre #1 le: Vendredi 09 Octobre 2009, 12:52 »

Ah, l'adolescence...
ON N’EST PAS SÉRIEUX QUAND ON A 17 ANS
Arthur Rimbaud, 29 septembre 1870
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
? Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
? On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, ? la ville n’est pas loin,
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
? Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
? Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif...
? Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
Vous êtes amoureux. Loué jusqu’à mois d’août.
Vous êtes amoureux. ? Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
? Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire... !
? Ce soir-là,... ? vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
? On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

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Bernard Raquin
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« Répondre #2 le: Samedi 10 Octobre 2009, 11:38 »

Poème de Victor Hugo (1802-1885)


A des âmes envolées

Ces âmes que tu rappelles,
Mon coeur, ne reviennent pas.
Pourquoi donc s'obstinent-elles,
Hélas ! à rester là-bas ?

Dans les sphères éclatantes,
Dans l'azur et les rayons,
Sont-elles donc plus contentes
Qu'avec nous qui les aimions ?

Nous avions sous les tonnelles
Une maison près Saint-Leu.
Comme les fleurs étaient belles !
Comme le ciel était bleu !

Parmi les feuilles tombées,
Nous courions au bois vermeil ;
Nous cherchions des scarabées
Sur les vieux murs au soleil ;

On riait de ce bon rire
Qu'Éden jadis entendit,
Ayant toujours à se dire
Ce qu'on s'était déjà dit ;

Je contais la Mère l'Oie ;
On était heureux, Dieu sait !
On poussait des cris de joie
Pour un oiseau qui passait.
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Bernard Raquin
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« Répondre #3 le: Samedi 10 Octobre 2009, 12:44 »

Charles Henry Brent, pasteur américain (1862-1929)

What is dying?
A ship sails and I stand watching
till she fades on the horizon,
and someone at my side
says, "She is gone".
Gone where? Gone from my sight,
that is all; she is just as
large as when I saw her...
the diminished size and total
loss of sight is in me, not in her,
and just at the moment
when someone at my side
says "she is gone", there are others
who are watching her coming,
and other voices take up the glad shout,
 "there she comes!" ...and that is dying.


Qu'est-ce que la mort ?
Un bateau s'éloigna
et je le regardai s'éloigner
jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon,
et quelqu'un près de moi dit
"Il est parti".
Parti où ? Parti de ma vie,
c'est tout ; il est juste aussi grand
que quand je le voyais...
sa taille réduite et la totale perte de vue est en moi,
non en lui
Et juste à ce moment
quand quelqu'un près de moi dit "il est parti",
d'autres le regardent arriver
et leurs voix retentissent joyeusement :
"Il arrive !"
Et ça, c'est mourir.

(traduction Bernard Raquin)
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reiyelle
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« Répondre #4 le: Samedi 10 Octobre 2009, 22:32 »

Je connaissais cette version :

Voici que je me tiens sur le rivage de la mer.
Un navire appareille.
Il déploie ses voiles blanches à la brise du matin et cingle vers l'océan.
C'est là un objet de beauté, et je restais à le regarder jusqu'à ce qu'enfin,
 il s'efface à l'horizon, et que quelqu'un à mes côtés dise :
 « Il est parti ».
Parti où ? Parti de ma vue, c'est tout.
Il garde la même taille, mâts, bastingage, et coque, que lorsque je le voyais,
et il est tout aussi capable de porter son fardeau et son fret vivant à sa destination.
Qu'il diminue, qu'il échappe totalement à ma vue, voilà qui est en moi, pas en lui ;
Et juste au moment où quelqu'un dit à mes côtés : « il est parti »,
voici que d'autres le regardent venir et d'autres voix s'élèvent :
« Le voici, il vient ».
C'est cela qu'on appelle mourir.

Et je pensais que c'était de William Blake, je vais aller vérifier tiens... Roulement des yeux

Je propose celui-là :

Les yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.

Les nuits, plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! Qu'ils aient perdu le regard,
Non, non cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux,
Les yeux qu'on ferme voient encore.

Sully Prudhomme (1839-1907)

« Dernière édition: Samedi 10 Octobre 2009, 22:37 par reiyelle » Signaler au modérateur   Journalisée
Bernard Raquin
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« Répondre #5 le: Dimanche 11 Octobre 2009, 04:04 »

Effectivement, ce poème est parfois attribué à William Blake, ou à Henry van Dyke. Peut-être ce dernier, un Américain (1852-1933) a-t-il rajouté quelques phrases, car votre version est plus longue.
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marie-louise
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« Répondre #6 le: Dimanche 11 Octobre 2009, 15:27 »

 SourireBonjour,

Je n'ai pas de poésie à mettre pour l'instant, mais j'apprécie de lire ceux que vous nous offrez,
cela fait du bien et me rappelle que tant de Poêtes, Écrivains, nous ont laissé des merveilles,
alors cela éveil mon désire de me plonger dans de beaux textes !!
Merci
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torche joyeuse
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« Répondre #7 le: Mercredi 14 Octobre 2009, 15:47 »

Pour faire le portrait d'un oiseau de J.Prévert
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
C'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucment
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
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torche joyeuse
Invité
« Répondre #8 le: Samedi 17 Octobre 2009, 18:32 »

Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.
Ecrit en 1870 par Rimbaud
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torche joyeuse
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« Répondre #9 le: Dimanche 18 Octobre 2009, 11:59 »

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.
Paul Eluard écrit en 1950
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Bernard Raquin
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« Répondre #10 le: Lundi 19 Octobre 2009, 16:19 »

La mort des amants

Charles Baudelaire (1821- 1867)

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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« Répondre #11 le: Mercredi 21 Octobre 2009, 19:24 »


Dans le vaste jardin fleuri de souvenirs
Je nous devine encore dans les allées du roi
Ta main frôlant la mienne, le désir dans la voix,
Le parfum de nos mots à l'heure des soupirs.

Je me surprends, blottie, entre tes draps de soie
Visitant le pays où les rêves sourient,
Où la raison s'endort et s'éveille l'envie
D'écrire sur ton corps la douceur de mes doigts.

Il n'est songe plus beau à offrir à l'amour :
Une empreinte de mots dans les voiles du soir,
Les étoiles d'hier rayonnant dans le noir
Et nos deux noms gravés à l'encre de toujours.

Quand se lève le jour au détour de mes yeux
Sur le rebord des cieux le rêve se déchire,
Les gouttes de lune se cachent pour mourir
Avant de revivre tels instants précieux ;

Elles étaient diamants au cou de la nuit,
Un collier de mots dans l'écrin de nos âmes.
Je le porte parfois, je retrouve le charme
De nos promenades d'avant... d'avant la pluie.

Au banc des souvenirs, je viens souvent m'asseoir ;
Dans les allées du roi flânent des amoureux...
C'était hier, ailleurs, au temps des jours heureux :
Mon plus beau poème, c'est toi, c'est nous... un soir.
Michèle Brodowicz
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« Répondre #12 le: Jeudi 22 Octobre 2009, 03:17 »

Nous voila face à face
Pour la dernière fois
Entends tu les sabots
C'est l'armée du roi
Non non ne pleure plus
Il ne mérite pas
Et leur monde est perdu
Puisqu'on est condamné
Qu'ils ont choisi pour nous
Un jour viendra où mon amour
On sera libre on sera beau
Comme un étoile indestructible

Pourquoi pourquoi les innocents
Tombent sur l'échafaud
Sans messes ni tombeaux
Ecoute ils frappent à la porte
Mais nos âmes enlacées
Sont bien trop loin pour eux
Alors fermons nos yeux à tout jamais
Rejoignons ensemble la liberté

Puisqu'on est condamné
Qu'ils ont choisis pour nous
Un jour viendra ou mon amour
On sera libre on sera beau
Comme une étoile indestructible

Puisqu'on est condamné
Qu'ils ont choisis pour nous
Un jour viendra ou mon amour
On sera libre on sera beau
Comme une étoile indestructible

(texte de Damien SAEZ)


proposé par Iown47 - déplacé par Bernard

Pensez à mettre le nom de l'auteur pour les poèmes.
Chaque post dans la bonne section, merci.


Des ombres et des mystères qui tournent autour de toi.
En dedans la lumière, te souvients-tu de moi ?
On était volatile, je ne savais pas.
Le couteau dans la chair, toi tu combats

Dis pourquoi Marta ?

Des cendres et des poussières qui traînent autour de toi.
Du sang dans les rivières, te souviens-tu de moi ?
Tu me laisses inutile, à courir après quoi ?
Des bouteilles à l'amer, un effluve de toi.

Dis pourquoi Marta ?

(texte de Damien SAEZ)
« Dernière édition: Vendredi 23 Octobre 2009, 16:43 par Bernard Raquin » Signaler au modérateur   Journalisée

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torche joyeuse
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« Répondre #13 le: Jeudi 22 Octobre 2009, 17:24 »

MARIE NIZET
(1859-1922)
LA TORCHE
Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d'extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.
Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l'émerveillement qu'il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.
Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.
Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.
Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres.
Je vous aime, ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.
Et je t'aime, ô mon âme avide, toi qui pars
-Nouvelle Isis- tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d'être perdue.
Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l'inutile autel déserté par l'idole;
Je suis le feu qui danse à l'âtre délaissé,
Le brasier qui n'échauffe rien, la torche folle...
Et ce besoin d'aimer qui n'a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c'est bien vous que j'aime si je m'aime.


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iown47
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« Répondre #14 le: Vendredi 23 Octobre 2009, 16:09 »

damien saez les condamnés
damien saez marta
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