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Auteur Fil de discussion: les apparences  (Lu 34 fois)
torche joyeuse
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« le: Lundi 06 Septembre 2010, 13:30 »

   Toutes les opinions se valent-elles ?

Problème : il s’agit de savoir si certains opinions peuvent être considérées comme meilleures que d’autres. On a coutume de soutenir que les opinions n’ont pas valeur de connaissances, mais qu’en est-il réellement ?
La vérité désigne ici le savoir certain de quelque chose. Que la vérité dérange, voilà qui nous oblige à penser que la vérité, même scientifique, n'est pas dans le ciel de l'esprit pur. La vérité est aux prises avec des croyances, des dogmes, des préjugés. Elle n'est donc pas neutre, mais au coeur des lignes de force qui s'affrontent tant dans la vie mentale que sociale.
L'illusion n'est pas une erreur pure et simple. La connais¬sance vraie ne la dissipe pas ; j'ai beau savoir que le bâton n'est pas tordu quand je le plonge dans l'eau, je ne peux m'empêcher de le voir tel. Comme l'indique le sujet, l'illusion se définit moins comme négation de la vérité que par une fonction positive qui serait de repousser une vérité connue. On dira en ce sens qu'elle n'est pas ignorance, mais plutôt méconnaissance.
La valeur des apparences selon. Nietzsche
D'après Nietzsche, l'homme est pour le moins enclin à confondre son besoin de croire à quelque chose avec une quête de vérité. En effet, « croire, c'est tenir pour vrai ». Or, pour vivre et pour agir, nous avons sans cesse besoin de croire. Ce que nous appelons « vérité », ce sont donc les croyances dont nous avons besoin, en tant qu'individus ou en tant qu'espèce. La vie se nourrit d'illusions vitales, de croyances auxquelles il nous faut croire, non parce qu'elles sont vraies, mais parce qu'elles sont nécessaires à la vie. Il se pourrait donc que l'idée même de vérité soit notre plus ancienne erreur, notre seule erreur. Elle nous conduit, depuis Platon au moins, à disqualifier le témoignage de nos sens pour chercher, derrière les apparences, un « monde vrai », une vérité. C'est pourquoi Nietzsche peut s'écrier : « l'art a plus de valeur que la vérité », parce que l'art nous désapprend à aller chercher derrière les apparences, il nous réapprend à jouir des apparences sans rien aller chercher au-delà. Si la vie est un pur jeu avec les apparences, alors l'art seul lui est fidèle, plus que la science ou la philosophie. « L'art au service de l'illusion voilà notre culte ! » (Nietzsche)

I. L'apparence comme mensonge
1) Vérité se dit en grec aletheia — dévoilement. Le voile recouvre le réel ; pour connaître le réel (la vérité), il faut ôter le voile. Dans le mythe de la cavernes, Platon oppose deux mondes — le monde intelligible, qui est le seul réel, et le monde sensible, qui est celui des apparences. Les prisonniers enchaînés croient avoir affaire à des réalités — les apparences les trompent, ils ne voient que des reflets.
En effet, nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont mais telles que nous sommes : la rotation du Soleil, c'est l'apparence, la rotation de la Terre, la réalité. Nous voyons ce qui n'existe pas, et ce qui existe, nous ne le voyons pas.
Il semble donc qu'on puisse penser l'apparence comme mensonge dans le cadre d'une conception platonicienne qui pose à la fois : a) une ontologie de la vérité2 ; b) la transcendance de l'Idée — par laquelle le sujet humain n'a pas une part active dans la constitution de la vérité.
2) 11 existe aussi des apparences que nous produisons intentionnellement pour tromper l'autre. Un sourire, une belle parole, un vêtement sont des formes concrètes de mensonge possible. On appelle hypocrisie le mensonge devenu comportement.
Mais l'apparence n'est pas seulement voile, elle peut être révélation.
Mais l'apparence n'est pas seulement voile, elle peut être révélation.

Il. L'apparence comme révélation
Il n'y a pas d'être sans apparaître, et il y a un être de l'apparaître. On oublie trop souvent que l'homme s'est plus encore trompé à vouloir aller au-delà des apparences qu'à être resté en-deçà. Si l'on s'en était tenu aux apparences, les superstitions les plus farfelues n'auraient pas existé, et l'on n'aurait pas autant cru aux fantômes.
Il faut croire aux apparences : sauf cas exceptionnels et tout à fait anecdotiques, un riche a une apparence de riche, et un pauvre a une apparence de pauvre. Un appartement de luxe, une voiture de deux cent mille francs, un yacht ne sont pas des signes de pauvreté — et nul milliardaire ne se cache dans les bidonvilles de Calcutta. Une parole imbécile n'est pas signe d'intelligence, et les conférences d'Einstein ne cachaient pas une ignorance possible. V. Hugo disait : la forme, c'est le fond devenu visible. La richesse n'est pas un signe de pauvreté, ni la culture le masque de l'inculture...
L'apparence a par conséquent un statut ambigu, elle est à la fois se qui cache et ce qui manifeste. Ainsi, les deux proverbes — français : L'habit ne fait pas le moine, et allemand : L'habit fait le moine — ont-ils raison tous les deux, malgré leur contradiction.
Toute apparence provient d'une réalité, même l'hallucination du fou (la réalité dont elle provient est alors la maladie mentale). Un mirage est une image réelle. Et que cherchent à capter les instruments scientifiques sinon les apparences de l'univers ? Car c'est à partir d'elles que la réalité peut être étudiée (la composition chimique d'une étoile à partir de son spectre électromagnétique). Ce qui nous conduit à la troisième partie.
III. L'apparence comme signe
1) En fait, il n'y a ni mensonge ni vérité du côté des apparences. Le mensonge est un acte par lequel, connaissant la vérité, on la remplace volontairement par quelque chose qui n'est pas elle. Pour mentir, il faut le vouloir, et l'apparence ne veut rien : c'est nous qui nous trompons en interprétant l'apparence du mouvement du Soleil comme le signe de la rotation du Soleil. L'apparence n'est pas mensonge, c'est nous qui commettons une erreur sur elle. Il est d'ailleurs caractéristique à cet égard que les deux courants opposés de l'âge classique, le rationalisme et l'empirisme, tombaient d'accord sur ce point : ce ne sont pas nos sens qui nous trompent, mais c'est notre jugement qui se trompe à partir de ce que les sens reçoivent. En effet, si l'apparence était mensonge, cela signifierait qu'il y aurait une apparence vraie. Or, de deux choses l'une : ou bien l'on considère qu'au-delà de l'apparence, il n'y a rien (empirisme), et alors, puisqu'elle est la seule réalité, l'apparence ne saurait nous tromper ; ou bien l'on conçoit que l'être véritable doit être connu au-delà des apparences, mais alors, c'est toujours le sujet qui juge qui se trompe.
De plus, d'où l'apparence vient-elle ? Ici encore, deux solutions, deux théories sont possibles : ou bien l'apparence vient de l'objet (c'est la thèse réaliste), ou bien elle émane du sujet percevant (thèse idéaliste). Or, dans ces deux cas, la perception et l'émanation sont ou ne sont pas ; elles ne sont ni vraies ni fausses.
2) L'apparence est en-deçà du vrai et du faux — elle est un signe. Le mot arbre, par exemple, n'est ni vrai ni faux, c'est ce que nous énonçons sur lui qui peut l'être. Un signe s'utilise, il 's'interprète — et c'est dans l'interprétation que nous faisons que peut se glisser l'erreur.
L'apparence n'est pas mensonge, il n'y a pas de mensonge sans menteur — et le réel ne dit :rien. Les apparences nous trompent-elles ? C'est bien plutôt nous qui nous trompons sur elles. :Les apparences ne sont pas des discours (qu'on pourrait qualifier de vrais ou de faux), ce sont des signes : à nous de les interpréter correctement. La vérité et le mensonge (ou l'illusion) ne sont pas dans le signe mais dans l'interprétation, pas dans l'objet interprété mais dans le sujet interprétant.
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iown47
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« Répondre #1 le: Lundi 06 Septembre 2010, 22:36 »

Moi je suis peu sensible aux apparence je vois au delà des évidences
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torche joyeuse
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« Répondre #2 le: Mardi 07 Septembre 2010, 11:58 »

L'allégorie de la caverne de Platon
 Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ne nous ressemblent-ils pas ? Ils n'ont jamais vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos.

Que l'un d'entre eux soit libéré de force de ses chaînes et soit accompagné vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ?

 Un premier décryptage
La caverne symbolise le monde sensible où les hommes vivent et pensent accéder à la vérité par leurs sens. Mais cette vie ne serait qu'illusion. Le philosophe vient en témoigner par une interrogation permanente (à laquelle Platon se livre tout au long de l'œuvre), ce qui lui permet d'accéder à l'acquisition des connaissances associées au monde des idées comme le prisonnier de la caverne accède à la réalité qui nous est habituelle. Mais lorsqu'il s'évertue à partager son expérience à ses contemporains, il se heurte à leur incompréhension conjuguée à l'hostilité des personnes bousculées dans le confort (illusoire) de leurs habitudes.
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torche joyeuse
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« Répondre #3 le: Mardi 07 Septembre 2010, 12:53 »

Au delà des apparences

Les apparences sont comme l’expression le dit souvent « trompeuses » et il faut une bonne dose de retenue pour ne pas succomber à ce qui est devenu notre routine quotidienne. Arrivé devant une affiche, un être humain, un visage, une maison, une façon de marcher, un regard, etc et tout de suite, émerge en nous une idée de cette personne ou cette chose. Pour ceux qui sont les plus courageux, nous allons au devant de cette chose ou cette personne pour mieux la cerner pour nous en défendre le cas échéant ou en profiter. Voilà ou nous en sommes.

Lorsque nous voyons que nous n’avons rien à craindre, nous commençons à nous lâcher sur ses défauts et qualités et nous le faisons en souriant, en prônant notre humour salé. Lorsque la personne réagit, nous nous érigeons en juges et nous lui rappelons qu’elle n’a pas d’humour, qu’elle est incapable de prendre une plaisanterie, incapable de soutenir la critique en souriant, incapable d’être en société car les gens civilisés savent eux prendre la critique. Ah, qu’il est bon d’être nous, qu’il est bon d’être criminel et juge à la fois.

Celui qui se fait attaquer n’a pas d’autres choix que de se conformer et de rentrer dans le cynisme général ou de réagir violement et de se faire pointer du doigt. Il faut une éducation solide afin de résister à tous ces tourments qu’entre êtres humains nous entretenons. Même lorsque nous décidons de ne pas réagir, les tentations sont telles que si nous ne le faisons pas devant eux, nous n’en pensons pas moins.

Les apparences nous minent, nous retardent et nous empêchent d’avancer là où nous devons aller car nous ne savons pas aller au-delà notre propre apparence. Nous définissons ce que nous sommes trop souvent à partir de l’image que nous réussissons à projeter. Inéluctablement, nous ne pouvons que voir l’autre à partir ce qu’ils projettent de lui. Ne connaissant pas les moyens de regarder au-delà de notre propre apparence, nous ne pouvons aller au-delà de celle des autres.

Ignorant ce que nous sommes, nous ne pouvons connaître l’autre donc nous regardons ce que nous sommes habitués à voir et soit disant connaître, c’est à dire l’apparence. Nous n’avons aucune chance d’arriver à l’autre car nous ne sommes jamais parvenus à ce que nous étions. Nous nous accrochons aux apparences car sans celles-ci nous sommes perdus. Nous ne savons pas regarder les gens autrement que par ce prisme. Tout est d’ailleurs fait pour qu’il en soit ainsi et il faut une connaissance parfaite de soi si tenté que cela soit possible afin de regarder l’autre sans les lunettes que la propagande nous fait porter.

Le moyen de quitter les apparences est d’aller au delà de ce que nous apparaissons être. Tant que nous sommes bloqués dans ce que nous projetons comme image, nous ne pourrons nous intéresser qu’à l’image de l’autre. De toutes les façons quoi que nous fassions, nous projetons une image. Nous pouvons la transformer à loisir selon les besoins que nous avons et en jouer comme bon nous semble. Cependant tant que nous ne nous définissons pas par cette image ou tant que nous savons ce que nous sommes et ne nous laissons pas emporter par cette image ou contrôler par celle-ci, nous sommes encore sur la bonne voie je pense.

Ce que nous sommes au fond de nous même, si nous ne le ou la connaissons pas et ne travaillons pas sur lui ou elle afin de le ou la décloisonner se jouera de notre image car il ou elle a ses propres objectifs à atteindre malgré tous nos projets. Si nous ne faisons pas attention à ce que nous sommes, l’image que nous cherchons à projeter sera toujours trahie par ce qui git en nous de profond. La manière de ne pas être complètement sous les coups très souvent violents de ce que nous sommes réellement, c’est d’aimer ce que nous sommes. Il n’y a que l’amour qui nous aidera à le connaître, à nous approcher de lui ou d’elle.

L’amour de ce que nous sommes nous rend indépendant de l’image que nous projetons. Plus nous aimons ce que nous sommes, plus ce qui apparaît de nous n’a que peu d’importance car nous sommes soumis à l’amour de nous. En d’autres termes, s’il plaît au plus profond de nous de paraître d’une certaine façon et de ressentir ce que cela fait, nous devons nous laisser faire car nous sommes d’abord et avant tout au service de ce plus profond en nous.

Dès que nous sommes dans l’amour et la soumission à ce que nous sommes au plus profond de nous même, nous n’avons rien à craindre car il ou elle ne peut plus nous surprendre car nous faisons ce qu’il ou elle veut. C’est lorsque nous voulons faire ce qui lui déplait que nous sommes en danger car nous savons qu’il/elle peut intervenir à tout moment. Le danger ne vient malheureusement pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Si nous ne travaillons pas à mettre notre vie en conformité avec notre intérieur, il sera toujours en train de lutter contre nous. D’ailleurs, il ne luttera pas contre nous mais nous serons en train de lutter contre lui ou d’essayer de le contrôler car nous aurons peur de ce qu’il peut nous faire. Dieu seul sait à quel point il est en mesure de gâcher nos projets lorsque nous avons peur de lui. Il faut donc l’aimer et travailler avec lui afin d’acquérir ses faveurs.
Restons calme
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