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Auteur Fil de discussion: faire de sa vie une oeuvre d'art  (Lu 1236 fois)
torche joyeuse
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« Répondre #60 le: Mardi 16 Février 2010, 11:42 »

Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence.
[Christian Bobin
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« Répondre #61 le: Mardi 16 Février 2010, 12:17 »

Le masque tombe vers et pour une meilleure connaissance de soi, ou une re-connaissance. Le masque fait songer au mystère, à l’étonnement. Et c’est dans le respect du mystère et l’étonnement précisément, qu’apparaîtra une réorganisation des douleurs et des souffrances intérieures, en se racontant séance après séance.
Tout acte de créativité est aussi un leurre, mais l’art-thérapie permet d’accompagner ce mystère, cette énigme intérieure à travers des œuvres que l’on ne cherchera pas à interpréter immédiatement, mais qui serviront de support, qui se chargeront de sens par la répétition d’un mouvement ou d’une forme. C’est aussi un moyen de passer de l’état d’objet à celui de sujet.
L’atelier, le cadre de l’art-thérapie, va devenir un lieu entre le patient et le thérapeute. L’atelier, transfert qui permet une demande « masquée » derrière une approche, une technique. Le patient va établir une distance entre lui et son histoire, en racontant une histoire ou en peignant une toile ou encore en dessinant. Des traits, des couleurs, des histoires, de la fiction !
Mais à force de se répéter, la fiction crève les yeux et … le masque tombe !
«Donnez un masque à l’homme, il vous dira la vérité » Oscar Wilde.
Le patient a créé, une œuvre, une danse, une musique, une ébauche, qui ne dure pas, tout comme le masque, éphémère dans sa destination. Ce travail, dont il se séparera, qu’il aura réalisé avec plaisir, va permettre une symbolisation, une redéfinition de son rapport au monde, la création d’une nouvelle mémoire.
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« Répondre #62 le: Samedi 20 Février 2010, 19:22 »

Les couleurs de la vie
Ma vie était une feuille blanche sans valeur.
Le vert m'a donné la croissance,
le rouge l'ardeur,
le jaune m'a appris la loyauté et la droiture,
le bleu la pureté,
le rose m'a offert l'espoir,
le gris léger la tristesse.
Pour terminer cette Aquarelle,
le noir m'imposera la mort.
Depuis,
j'adore la vie parce que j'adore ses couleurs.
Wen Yi-to
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« Répondre #63 le: Lundi 01 Mars 2010, 15:52 »

Qu’est ce que l’art-thérapie ? réponse à Bernard !  Sourire

Avant de définir ce qu’est l’art-thérapie, il est important de savoir ce qu’elle n’est pas. Premièrement, il ne faut pas confondre Art-thérapie et Art. En effet, il faut entendre ici Art-thérapie comme mode d’expression humaine à des fins utilitaires. Il faut la comprendre comme activités qui vont permettre l’activation du potentiel psychomoteur et expressif de l’homme. Or la finalité de l’Art en tant que tel, est totalement différente. L’Artiste recherchera souvent un idéal artistique, il recherchera souvent « le beau ».
L’art-thérapie ne forme pas des artistes. Elle n’est pas là pour apprendre à peindre, à jouer d’un instrument… ; l’art-thérapie est un média permettant l’éveil des sens et ainsi de la conscience. Elle peut permettre à l’être humain de devenir acteur et non plus spectateur de sa vie et de la vie en générale.

D’une manière plus simple, l’art-thérapie est une technique de soin qui va s’appuyer sur des outils artistiques (dessin, collage, musicothérapie, peinture, poterie, chant, théâtre, marionnettes, mandala…) et par là même faisant donc appel à la créativité, à l’imagination et qui va permettre à l’individu d’exprimer un ressenti, une émotion, une souffrance, une angoisse, une joie, une envie. L’originalité de cette technique de soin est qu’elle n’oblige pas l’individu à s’exprimer oralement contrairement à la cure classique. La communication verbale n’est pas nécessaire. Le support artistique entre dans une relation à trois où l’individu se sent moins seul devant le thérapeute. Il ressent ainsi moins l’intrusion de l’autre dans son intimité. L’outil artistique lui permet progressivement de se dévoiler.
Si l’art en tant que mode d’expression va jouer le rôle de médiateur et de moteur de la communication, la thérapie par l’art va permettre à l’individu de soigner son âme et son corps, que celui-ci soit blessé, vieilli, malade ou handicapé, en mettant des couleurs, des formes, un air de musique, un mot, une histoire, un conte…sur ce qui le tourmente ou le réjouit.
Concrètement comment se passe une séance ?
Un espace temps est offert à la personne ; un espace temps d’une heure environ nommé « espace transitionnel ». On parle d’espace transitionnel dans le sens où la personne arrive dans un état d’esprit établi et doit ressortir d’une séance en ayant la sensation que quelque chose à l’intérieur de « soi » a changé. En groupe ou en séance individuelle, la personne va réfléchir, se penser, s’imaginer, se dessiner, se voir telle qu’elle est ou du moins telle qu’elle voudrait être. Toutes les perceptions de la personne, qu’elles soient fausses ou non, pourront être exprimées verbalement ou non. Aucun jugement ne sera porté sur les perceptions des participants. Ils seront écoutés, entendus et respectés. L’art-thérapie ne forme pas des artistes il n’y a donc pas de honte à avoir de ne pas savoir dessiner, peindre, chanter…. La personne sera accompagnée dans son cheminement et à son rythme.
Pour conclure je dirais que les vertus thérapeutiques de l’art-thérapie sont d’être :
- le catalyseur qui va permettre l’extériorisation et l’exploitation de ce qui se joue en soi.   
- la technique qui va permettre la levée des mécanismes de défense.
- la technique qui va donner la possibilité à la personne de revivre des moments, dont elle avait ou non la maîtrise. C’est avec les expériences du passé que nous faisons notre avenir.
- une méthode ayant une valeur de contenant qui va permettre de reconstruire les limites du dedans et du dehors.
- un média qui va permettre à la personne d’améliorer, voire restaurer l’image qu’elle a d’elle-même mais aussi d’améliorer son regard sur l’autre.
- enfin, la créativité et l’imagination vont avoir un effet anxiolytique par la confiance regagnée.
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maryam7
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« Répondre #64 le: Jeudi 22 Avril 2010, 14:50 »

Le symbolisme des couleurs dans l'interprétation des rêves.
« Dans la conception analytique, les couleurs expriment les principales fonctions psychiques de l'homme : Pensée, Sentiment, Intuition, Sensation.
Le bleu est la couleur du Ciel, de l'Esprit, sur le plan psychique, il est celui de la PENSÉE.
Le rouge est la couleur du sang, de la passion, du SENTIMENT .
Le jaune exprime la lumière, l'or, L'INTUITION.
Le vert est la couleur de la nature, de la croissance: au point de vue psychologique, il indique la fonction SENSATION (fonction d'adaptation au réel), la relation entre le rêveur et la réalité.
Ambelain, "l'Ombre des Cathédrales"
"Le Bleu et l'Argent, tout comme l'eau sont les couleurs virginales, celles de Marie.
La couleur verte est un symbole d'altération et cette altération fait prévoir une renaissance. D'où son symbolisme "espérance". Le vert est la couleur de "l'Initiation".
Phaldor, "La clef d'or du songe"
Le bleu était attribué à Jupiter et à Junon. La robe du Messie est bleue pendant la prédication. Il signifie toute vérité : la loyauté, la sérénité, la fidélité, la paix.
Le rouge est la couleur du feu de l'esprit et de la passion. Il était attribué à Mars : à l'activité combative et impérieuse. Il correspond à la charité, et dans l'ordre négatif à la colère, la haine, la fureur. Dans les vitraux, le Diable est rouge ou rouge et noir.
Le jaune est la couleur solaire, la couleur d'Apollon. Dans le monde transcendant, c'est l'intelligence humaine éclairée par la révélation divine. Saint Pierre est vêtu de jaune doré.
Dans les vertus théologales c'est la couleur de la Foi. (Les couleurs du Vatican sont le Jaune et le Blanc.) Dans l'ordre négatif, c'est l'égoïsme orgueilleux, et si le jaune est pâle il est en rapport à la trahison. Dans les vitraux, Judas est vêtu de jaune pâle.
Le vert est la couleur de Vénus qui préside à la création, aux renaissances, à la régénération par les actes, à la révélation. Saint Jean dans les vitraux est vêtu de Vert. Cette couleur signifie la renaissance dans tous les mondes et l'attente heureuse de la résurrection.
Le blanc est la tonalité lunaire. C'est le reflet de l'Absolu. Elle revêt le triomphe des élus. Dans l'Apocalypse: "Celui qui vaincra, sera vêtu de Blanc ". Le pape porte une robe blanche, ainsi que la première communiante et l'épousée. Le blanc signifie la virginité, la pureté, la justice et son triomphe, mais également le froid avec la neige qui recouvre tout et donne une atmosphère de désert et d'infertilité.
Le Noir est la teinte funèbre du vieux Saturne.
Nous pouvons, dans beaucoup d'analyses de rêves, établir l'importance de la couleur en tant qu'expression de l'inconscient. De même que la forme, le nombre et le son, la couleur a des attributions psychiques qui sont restées les mêmes au cours des temps, malgré certaines déformations populaires. Chaque couleur semble représenter une certaine unité archétype.» Jean Rochette

 
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maryam7
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« Répondre #65 le: Dimanche 09 Mai 2010, 13:32 »

"La vie comme œuvre d'art  Quand apprendrons nous à chanter, à danser et à gravir les cimes de la nature, de l'art et de la vie ? La vie est une construction permanente, un travail de fabrication, d'échafaudage, de fondation, d'étaiement... un travail aussi de conception, de création, d'invention, d'inspiration, d'organisation, de mise en formes.... Nous fabriquons notre maison comme l'animal construit son nid, son terrier, sa coquille, son cocon, sa tanière... comme un débordement de vie...Chaque jour à nouveau se pose la question de la vie, comment faire de la vie une œuvre d'art ? Comment d'une part se libérer de ses certitudes, construire le monde en enfant, en artiste ? Comment d'autre part pénétrer les rythmes de la nature, le cycle des naissances et des morts toujours renouvelé ? Si nous avons le sentiment que la vie nous a été confisquée, que chaque étape de la vie est contrôlée par les instituions, la famille, l'Etat, l'hôpital, l'école, la société… peut-être est-ce parce qu'elle est l'enjeu d'une puissance telle, que les pouvoirs ont de tout temps eut la volonté de la dominer, la contrôler, l'assujettir à une aliénation fondamentale de la raison… Ce destin humain, conduit par la raison, le "progrès", nous a véritablement mené au divorce de la nature, vers l'ignorance de la terre et vers une vie hors sol. Nous sommes devenus insensibles aux climats, aux ressources et aux richesses de la vie, pour habiter des mondes climatiser. Nos constructions connaissent aujourd'hui leurs véritables limites, elles se retrouvent inadapté à leur site, à leur sol, à leur climat, elles sont destructrices d'écosystèmes et surconsomatrices d'énergie, d'eau et de matériaux.
Il ne s'agit pas de remplacer un code par un autre, un mode de construction standard par un autre, il s'agit plutôt de s'en libérer, non pas en supprimant ces codes, en levant les barrières et écartant les interdits, non pas comme un esclave qui brise ses chaînes, mais comme un enfant. Libre ne signifiant pas l'absence de limite mais bien une manière de voir au-delà des limites, avec légèreté et innocence, étonnement et clairvoyance.
La vie est une exploration permanente, la recherche d'expériences nouvelles… Nous devons faire du monde une lecture créatrice, changer de regard, le plonger dans un désir de beauté, de poésie, de perception, de sensation, de sentiment, d'intuition, d'amour… Effectuer un profond bouleversement de soi-même, avant de changer la société.
Il faut dés aujourd'hui inventer, développer, favoriser l'apparition de nouvelles méthodes de construction porteuses de différences et de valeurs autres, de grandes promesses en l'avenir. Il faut donner à la vie cette force et cette volonté de différence. Cette liberté capable d'insuffler de nouvelles valeurs, de nouvelles techniques, de nouveaux outils de conception et de construction véritablement bons pour la nature, riches et sains pour la vie.
Il s'agit d'inventer des architectures qui donnent envie de vivre, qui aident à vivre, qui aident à supporter la vie. Construisons peu, mais bien, créons de belles choses, inventons de la beauté, insufflons y de la puissance, de l'énergie avec cette qualité particulière, généreuse qui donne vie à un bâtiment. Pour cela, il s'agit toujours de déstabiliser ses certitudes et d'inventer des formes nouvelles, de permettre à la vie de renouveler un monde, dans un déploiement permanent de puissance créatrice, de devenir, de jeux de changement, de flux d'inventions nouvelles… En enfant ou en artiste il s'agit de traverser ces zones d'incertitude, ces moments d'ambiguïté avec l'étonnant discernement, la vision infiniment claire des lignes de fumée qui construisent ces mondes fluctuant, d'une lucidité qui traverse ses brouillards ondoyants et nous les retranscrivent. En artiste, il s'agit non seulement de maîtriser ce chaos, de contraindre le chaos à devenir forme, mais de faire de ces formes, de ces constructions, de ces architectures un art beaucoup plus subtile, presque cosmique comme la musique ou la danse, de l'élever à la spiritualité de la nature, à quelque chose de transfigurant, de raffiné, de fou, de divin.  Chaque jour la nature nous apprend le caractère éphémère des êtres et des individus, mais la mort n'est pas le négatif de la vie, au contraire elle en est la condition, la continuité, c'est par l'inerte qu'il y a du vivant. Bichat dans ses Recherches physiologiques sur la vie et la mort définissait la vie comme "l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort". La nature s'oppose à la mort, à l'entropie, à la destruction par ses jeux de création, de relation, de symbiose et de concurrence entre les individus  Comme un soulèvement de la poussière par le vent, la vie n'est qu'un moment de concentration, de développement et d'enveloppement, une onde, une vibration, une respiration et un souffle… Si la vie est fuite aérienne, un double enroulement/déploiement des forces de la terre, l'emprunt et le déversement de sa substance à la terre: seule la mort permet la vie. Seul l'enveloppement d'un monde rend possible le développement d'un autre monde. Faire de la vie une œuvre d'art, c'est aussi pénétrer les cycles de la nature, c'est-à-dire vivre avec ses rythmes saisonniers, journaliers en nomade, capter la chaleur du soleil pour l'hivers, savoir s'en protéger en été… c'est aussi être sensible aux ressources en eau, en air, réutiliser les matériaux, participer à la vie, à l'enrichissement d'un territoire, collaborer avec la nature et avec les hommes, travailler en coopérative, comprendre que dans ce mouvement continu on participe à un souffle plus grand, d'une nécessité céleste, bâtisseur de pont, ce souffle même qui apprend aux hommes à voler, force les hasards et fait danser les étoiles."
ECOLOGS
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« Répondre #66 le: Samedi 26 Juin 2010, 17:20 »


Quête spirituelle : L'expression de la Transcendance, La peinture de paysage russe, 1900-1920

   
Au milieu du 19e siècle, la recherche de la transcendance qui caractérise le romantisme s’exprime à travers la peinture et le paysage. Elle se retrouve aussi dans le courant du symbolisme.

Le symbolisme, que l’on pourrait qualifier d’expression des idées par les formes, rejette à la fois le dogmatisme académique et la prétendue scientificité de l’impressionnisme. Il se manifeste de façon diffuse en Russie et au Canada. Des artistes comme le Russe Mikhail Vroubel et le Canadien Ozias Leduc, aussi différents soient-ils, représentent bien la dimension spirituelle de ce courant. Leurs œuvres constituent davantage une représentation de leur âme que de simples fenêtres ouvertes sur leur nature.

Cette quête de spiritualité se poursuit dans l’œuvre de Kandinsky, membre du mouvement Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu), qui publie, en 1911, Du spirituel dans l’art. Il y affirme que l’harmonie des couleurs et des formes doit être basée sur une se Pour en lire plus
Au milieu du 19e siècle, la recherche de la transcendance qui caractérise le romantisme s’exprime à travers la peinture et le paysage. Elle se retrouve aussi dans le courant du symbolisme.

Le symbolisme, que l’on pourrait qualifier d’expression des idées par les formes, rejette à la fois le dogmatisme académique et la prétendue scientificité de l’impressionnisme. Il se manifeste de façon diffuse en Russie et au Canada. Des artistes comme le Russe Mikhail Vroubel et le Canadien Ozias Leduc, aussi différents soient-ils, représentent bien la dimension spirituelle de ce courant. Leurs œuvres constituent davantage une représentation de leur âme que de simples fenêtres ouvertes sur leur nature.

Cette quête de spiritualité se poursuit dans l’œuvre de Kandinsky, membre du mouvement Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu), qui publie, en 1911, Du spirituel dans l’art. Il y affirme que l’harmonie des couleurs et des formes doit être basée sur une seule chose, le contact efficace avec l’âme humaine. Kandinsky s’intéresse à la théosophie, doctrine spirituelle qui connaît un regain d’intérêt pendant la première moitié du 20e siècle. Au Canada, le paysage atteint une dimension transcendante avec des peintres du Groupe des Sept, et plus particulièrement avec Lawren Harris. Ce dernier, largement influencé par la théosophie, approfondira son interprétation de la nature en stylisant ses représentations du paysage et en les réduisant à des formes élémentaires.

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« Répondre #67 le: Jeudi 22 Juillet 2010, 11:30 »

... la solitude qui enveloppe les œuvres d’art est infinie et il n’est rien qui permette de moins les atteindre que la critique. Seul l’amour peut les appréhender... ".
A fleuret moucheté
Si la critique ne permet pas toujours d’atteindre une oeuvre d’art, en revanche, elle permet sans aucun doute de la comprendre en la situant dans l’oeuvre et la vie de l’artiste, et plus important encore, dans son époque et dans celle qui l’a précédée (et parfois aussi, mais plus rarement, dans celle qui lui succédera)...
Et cette compréhension n’empêche nullement d’atteindre l’oeuvre : tout au contraire, elle permet de l’atteindre... en son sommet.
Réduire l’Art à un plat, une entrée, un dessert (j’aime, j’aime pas, j’en veux, j’en veux pas)... pourquoi pas !
Mais... ne nous leurrons pas : aimer demande de la patience, de la compassion et de l’intelligence...
Et en ce qui concerne l’art, cela demande aussi de la maturité et un apprentissage qu’on nommera : Culture.
Non, l’oeuvre d’art n’est pas plongée dans la solitude ; mille yeux la contemplent, la scrutent, l’envient ; et comme dans un miroir, elle peut aussi refléter celui qui la regarde.
Nul doute ! Elle provoque, elle germe et donne naissance à d’autres oeuvres et d’autres artistes qui viendront s’y frotter, s’y méprendre, s’y égarer, s’y perdre, lui rendre hommage aussi - qui sait ? -, la ridiculiser, la bousculer, la contredire...
Un jeu, un cirque infernal, cette oeuvre d’art maintenant plongée dans l’effervescence des réactions de rejet ou dans le bouillonnement de l’appropriation qu’elle aura déclenchée à dessein ou bien malgré elle.
Tenez ! A elle seule, elle écrit déjà une autre page de l’Histoire de l’Art... apportant une nouvelle clarté sur le destin de notre humanité : là d’où nous venons et là où nous allons...
Certes ! Chez celui qui la contemple, l’oeuvre d’art aura besoin d’y trouver un coeur, de l’instinct et un peu de compassion mais... mettez-y aussi de l’intelligence, de la connaissance, de la clairvoyance, et pourquoi pas, du génie - les qualités mêmes de son créateur -, et vous serez quasi assuré de ne jamais rater un chef d’oeuvre.
 (pour peu qu’il soit possible de réunir chez une seule et même personne toutes ces qualités et tous ces attributs ! Et ça mon dieu ! Ca !)
Abécédaire  Léo Scheer M@nuscrit - index des auteurs : lettre S comme Serge ULESKI
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« Répondre #68 le: Mardi 17 Août 2010, 12:42 »


LA LUMIERE DES IMPRESSIONNISTES

Les peintres impressionnistes, qui se veulent aussi réalistes, choisissent leurs sujets dans les paysages ou dans la vie contemporaine, dans un quotidien librement interprété selon la vision personnelle de chacun d'eux. Travaillant « sur le motif », comme souvent les peintres de l'école de Barbizon, comme certains paysagistes anglais, comme Boudin ou Jongkind, ils poussent très loin l'étude du plein air, font de la lumière l'élément essentiel et mouvant de leur peinture, écartant les teintes sombres pour utiliser des couleurs pures que fait papilloter une touche très divisée. Peintres d'une nature changeante, d'une vie heureuse saisie dans la particularité de l'instant, ils sont indifférents à la recherche, chère aux classiques, d'un bel idéal et d'une essence éternelle des choses. Parmi les principaux représentants du courant impressionniste il faut citer Monet, Pissarro et Sisley, qu'accompagnent d'autres artistes dont les personnalités respectives évolueront de façon nettement distincte : Auguste Renoir, Paul Cézanne, Edgar Degas, Berthe Morisot, Armand Guillaumin, Édouard Manet, Cassatt, Caillebotte, etc. ainsi que Frédéric Bazille qui mourut avant la reconnaissance du public.

Alors que Camille Corot prétendait rester étranger au mouvement, il est souvent considéré comme le premier impressionniste : « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien » Claude Monet, 1897. « Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé… » Edgar Degas, 1883.

L'impressionnisme est un point de départ pour Georges Seurat et Paul Signac, maîtres du pointillisme, pour Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent Van Gogh ainsi que pour de nombreux « postimpressionnistes », en France et à l'étranger comme Jean Peské.

Le terme d'impressionnisme est aussi employé, par extension, dans le domaine de la littérature, pour caractériser par exemple les romans du chantre de Monet, Octave Mirbeau, qui sont marqués au coin de la subjectivité. Il gagne même la critique musicale (1887), qualifiant les œuvres de Claude Debussy et, plus généralement, celles de tous les compositeurs préoccupés par la perception subjective des couleurs sonores et des rythmes  : Ravel, Dukas, Satie, Roussel, etc. Les musiciens impressionnistes mirent à l'honneur la liberté de la forme, de la phrase et du langage harmonique.

 
Edouard Manet, Olympia (1863), Musée d'Orsay, ParisL'impressionnisme se singularise par le fait que l'on peut parler de l'œuvre sans avoir besoin de références extérieures, à la différence de l'art antique qui est basé sur la mythologie, et de l'art roman sur l'histoire sainte. Citons en exemple le tableau Olympia de Manet qui explore un thème traditionnel mais de manière choquante pour cette période : Vénus est représentée en demi-mondaine de l'époque et le peintre travaille uniquement la peinture (Couleurs). Cette vision non réaliste fera sa naissance avec l'art moderne.
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« Répondre #69 le: Mardi 17 Août 2010, 12:43 »

Joseph Mallord William Turner
1775-1851
 Des bleus au verts, des rouges aux jaunes J.M.W. Turner livre un assaut incessant à la lumière
 " La patrie des coloristes exaspérés"

Turner est le plus grand représentant de la vision intérieure ; son imagination se projette sur le spectacle du monde. Formé, avec son compagnon Thomas Girtin (1775-1802), aux vues topographiques à l’aquarelle et héritier d’une riche tradition nationale qui remonte à Paul Sandby et à Richard Wilson, c’est un paysagiste d’une maîtrise absolue. Autant Constable a de doutes, de réticences, autant Turner est sûr de ses effets.Le fonds d'atelier que Turner laissa à sa mort était considérable : plus de vingt mille peintures, aquarelles, dessins, carnets, estampes. Sa couleur par son extrême fluidité, la minceur de la couche, ses surfaces lisses, ses imperceptibles dégradés rivalise avec les grandes clartés et les subtiles transparences de l'aquarelle.

Avec son compagnon de travail Girtin, il libère l'aquarelle des servitudes étroites du dessin et de la gravure, peint directement, hardiment, obtient plus de profondeur dans les ombres, plus d'éclat dans les lumières par l'emploi des tons purs, grandes taches de bleu sombre, de rouge vif ou de jaune, et retrouve ainsi d'instinct la tradition des vieux enlumineurs. Et, en même temps, par une habileté qui restera un de ses traits marquants, il tient compte- dans les oeuvres destinées à la vente- des goûts du public pour le pittoresque, le romantique, l'anecdote même: ses marines, ses châteaux, ses paysages d'Écosse ou du Pays de Galles remportent un énorme succès, même auprès des connaisseurs et des peintres.

L'aquarelliste avant tout

Turner fut d'abord, et ne cessa peut-être jamais de l'être, un aquarelliste. On le voit commencer par se rendre maître de cet art, augmenter le nombre et les contrastes de ses couleurs. Peu à peu les formes, précisément solidement dessinées au début, commencent à se fondre ou tout au moins à s'atténuer dans la lumière qui les baigne. A mesure qu'on avance dans son oeuvre, ses aquarelles deviennent de plus en plus claires, éblouissantes: on ne voit d'abord qu'une vapeur lumineuse, dans laquelle ou derrière laquelle on devine des masses. Car c'est là une des caractéristiques de Turner: si l'on regarde de tout près ses oeuvres en apparence les plus  nuageuses, on y discerne presque toujours une structure ferme, soigneusement composée.


Durant toute sa carrière, Turner a mené de front la production d'aquarelles et de peintures à l'huile. Les premières sont pourtant restées longtemps méconnues ; en effet, l'artiste les a peu exposées, jugeant (avec raison) plus profitable d'asseoir sa réputation sur ses toiles. Mais il a laissé des milliers d'aquarelles, souvent inspirées par les paysages traversés lors de ses nombreux voyages. Elles forment un ensemble prodigieusement riche et varié, dont on n'a peut-être pas encore mesuré pleinement la qualité. Il convient bien sûr de distinguer dans sa production les " ébauches colorées " (colour beginnings), d'une part, où l'artiste se livre, pour son usage personnel, à des confrontations expérimentales de teintes et de tons, sans préoccupation figurative immédiate ; et les aquarelles achevées, d'autre part, souvent destinées au graveur, comme celles qui furent publiées à partir de 1825 sous le titre Picturesque Views in England and Wales.

Le peintre

L'évolution de son oeuvre à l'huile est plus facile à suivre. Quand on ne connaît Turner que par ses dernières toiles, les plus éblouissantes et que l'on voit tel ses premiers tableaux comme la jetée de Calais (1802) on est surpris de se trouver  devant une belle marine à la Van de Velde, en moins lumineux. Ainsi, Turner d'abord se cherche lui même en suivant les voies traditionnelles, dans des scènes historiques laborieusement composées La mort de Nelson (1805) et même les scènes de genre qui pourraient être signées par Wilkie comme L'atelier du Forgeron (1807).Plus on va, sa profonde connaissance des paysages anglais soutenue d'une solide notation des couleurs et d'éclairage le rapprochent de Constable dans ses gelée matinale (1813) dans la traversée du ruisseau exposée en 1815.

La vérité, c'est que le monde de Turner, c'est la lumière et la lumière seule. Le flux ininterrompu des ondes lumineuses envahit et submerge l'air, la vapeur,l'eau se réfractent, se brisant en mille nuances.


 
   
Notes biographiques

1775Né à Londres d'un père coiffeur étudie à l'école de Margate où il acquit la passion de la mer1788 Turner entre chez thomas Malton qui lui enseigne les rudiments du dessin.puis chez le Dr Monro où il rencontre Girtin. Les 2 amis voyageront dans le Pays de Galles et dans le district Lakes et en Écosse.1790 Expose à la Royal academy Le palais archiépiscopal à Lambeth1793Reçoit une commande du graveur J.Walker qui lui permet de prendre un atelier.1802 Élu membre de la Royal academy1807 commence la publication du recueil liber studiorum composé de tous les genres de paysages peints par Turner et reproduits par lui et par ses élèves à la pointe sèche et à l'aquatinte.1803-1815 visite en détail le devonshire et d'autres contrées anglaises en temps de guerre napoléonienne1818Part pour la Belgique, la Hollande et la vallée du rhin et l'Italie. S'enthousiasme pour Venise et pour la peinture vénitienne.1830 mort de son père. réalise une série de gravures des ports d'Angleterre.1830-1840 peint de nombreuses marines; Expose le vaisseau de guerre"téméraire"remorqué à son dernier mouillage pour être démoli1851 mort de Turner sous le nom de "Both". Il avait disparu aux yeux des siens.On ne le découvrit dans sa retraite la veille de sa mort

L'anecdote du tableau "rain, steam and speed"

Dans son très beau livre, Landscape into Art, Sir Kenneth Clark, à propos du tableau célèbre Pluie, Vapeur et Vitesse (1844) où Turner a représenté un train filant sur un pont dans la pluie et le brouillard, rapporte l'intéressante aventure d'une certaine Mrs Simon. Elle avait été surprise, au cours d'un voyage en chemin de fer, de voir un vieux monsieur mettre la tête hors de la portière pendant une terrible averse, demeurer là une dizaine de minutes, puis rentrer sa tête ruisselante et rester assis les yeux fermés pendant un quart d'heure. La jeune femme intriguée en ayant fait autant, avait eu la tête inondée de pluie, mais avait pu contempler un spectacle inoubliable. Au Salon suivant, elle vit la toile « Rain, Steam and Speed »; et entendant quelqu'un dire auprès d'elle avec une moue amusée : « Toujours le même, ce Turner l Qui a jamais vu une bouillie pareille? — Moi, dit-elle, moi je l'ai vue ». Ainsi donc, plutôt que de rêves, d'hallucinations, d'interprétations délirantes, je crois qu'il faut parler, avec Turner, d'une mémoire prodigieusement, peut-être anormalement exercée et précise, d'un génie capable de regrouper, de recréer en synthèses neuves, significatives, des souvenirs de choses vues.

 Le bateau glisse vers son tombeau

En 1838 fut exposé Le vaisseau de guerre « Le Téméraire » remorqué à son dernier mouillage pour être démoli. Le Téméraire, navire qui avait glorieusement combattu à Trafalgar, venait d'être condamné à la démolition : c'est ce qu'expliquait une longue notice insérée dans le Catalogue du Salon, pour marquer l'intérêt sentimental du tableau. Et ceci évidemment nous mène loin de ce que Constable entendait par le « sentiment » d'un paysage : on a pu reprocher à Turner sa fréquente recherche de l'effet théâtral. Mais c'est justement ce sentimentalisme littéraire qui lui attirait l'admiration des foules stupéfaites, celle aussi de ce grand littérateur de la peinture que fut Ruskin. Car Ruskin a écrit une page de belle prose poétique sur ce tableau, « le plus pathétique qui ait jamais été peint... le vaisseau glisse vers son tombeau... Jamais plus le soleil couchant ne posera sur lui sa robe d'or, jamais plus la lueur des étoiles ne tremblera sur les vagues que sépare son étrave... ». Heureusement ici encore le tableau offre à notre admiration autre chose que cette anecdote : sans même connaître le sujet, le spectateur ne peut qu'être frappé par l'étrange beauté de ce voilier tiré par son remorqueur.Ce qui est pathétique, en dehors de toute idée de mort du navire, ce sont les éclatantes lueurs et les ombres profondes du couchant sur la mer, les reflets de la mâture, et les grandes traces d'or, de pourpre et de noir dans le ciel et sur les eaux.

 
Galerie  d'aquarelles et de tableaux de J.M.W. Turner 



 

 

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« Répondre #70 le: Dimanche 22 Août 2010, 13:42 »

Une belle image de notre vie : nous glissons vers la fin, en nous emplissant de bonheurs, de paysages et d'amitiés... dans la glorieuse lumière de l'amour.
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« Répondre #71 le: Mardi 07 Septembre 2010, 12:43 »

L’Art-Thérapie n’est pas un «remède » pour aller juste mieux
C’est un moyen :
- d’accès à Soi,
- de recherche de Soi,
- de valorisation de Soi,
- de réalisation de Soi.
 Par la voie de nos sens qui permet l’éveil de notre conscience
Pour : un mieux-être, un épanouissement au quotidien,Pour cela, l’Art-thérapeute possède des outils qui vont lui permettre d’exploiter le potentiel énergétique, créatif de la personne :
dessin - peinture – musique – théâtre – mime – écriture…...
L’Art-thérapie permet de faire passer l’Inconscient dans le Conscient
Il permet d’extraire de notre inconscient les «passages douloureux » de notre vie qui peuvent être autant de blocages déséquilibrants et de les mettre en pleine lumière afin de les restaurer.
L’Art-thérapie permet d’établir un lien entre l’expression artistique et la personne souffrante, que celle-ci soit spectatrice ou actrice de la forme artistique utilisée, et ce lien ouvre sur une possible voie de mieux-être et de meilleure communication.
L’Art-thérapie agit sur le potentiel énergétique créatif de la personne pour :
. Stimuler sa capacité d’observation, de description d’interprétation personnelle.
. Instaurer une relation sécurisante avec elle-même
. Stimuler son imaginaire
. Découvrir l’approche symbolique du verbe et du dessin
. Prendre conscience de l’autre
. Améliorer sa relation à l’autre
. Lui redonner le sens critique.
En conclusion, je dirai :
Que, l’Art-thérapeute n’est qu’un « catalyseur »
qui va permettre à la personne d’extérioriser et d’exploiter
ce potentiel enfouit dans son inconscient. de rencontrer son « Soi » dans un but thérapeutiqueA qui s’adresse l’Art-thérapie ? L’Art-thérapie s’adresse à :
Toute personne souffrant de troubles de l’expression pouvant engendrer des troubles de communication avec elle-même et avec les autres.
Toute personne atteinte d’un handicap physique ou psychique, pouvant engendrer des blocages et une perte d’autonomie.
Toute personne souffrant d’angoisse passagère ou de dépression pouvant occasionner une perte d’intérêt et de plaisir au quotidien, engendrant d’autres angoisses.
Toute personne souffrant de difficultés à exprimer ses émotions Qui sont autant de blocages dans sa vie de relation.
Originalité de l’Art-thérapeute
L’originalité de l’Art-thérapeute est son travail sur l’esthétique pour renforcer
le sens critique de la personne  L’Art-thérapeute accompagne le patient en tant que personne dans sa globalité et  non plus de façon «morcelée ».
Il travaille en collaboration avec la personne sur la partie saine de son être dans son intégralité ( En prenant en compte sa situation de handicap, de blocage).
L’Art-thérapeute ne fait pas, n’interprète pas à la place de la personne. Celle-ci doit avoir son propre sens critique et analytique, vis à vis de sa «production ».
L’Art-thérapeute n’émet aucun jugement quant au résultat de la créativité.
Toute personne a :
. la capacité de percevoir et de réagir à ses sens
. la particularité d’avoir une raison et un instinct
. la capacité à créer et d’éprouver du plaisir.
L’Art-thérapie peut permettre de libérer tout ce potentiel qui va être opératoire sur trois plans :
. Corps,
. Ame
. Esprit
Viviane Barois

 

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« Répondre #72 le: Mardi 14 Septembre 2010, 16:39 »

Couleurs et attention profonde – aventures singulières et entraînement à la réceptivité -   
par Michel INDERGRAND
 
Couleurs et musiques produisent sur ceux qui les perçoivent des effets physiologiques et psychophysiologiques. Cette constatation est à l’origine du développement d’un certain nombre de thérapies originales, comme la chromothérapie ou l’auriculothérapie. L’efficacité de ces soins dépend alors de la réceptivité de leur bénéficiaire. 
[…] Les couleurs donnent lieu à une expérience objective : la rencontre de la lumière et de la matière, événements physiques dont la lumière véhicule des indices. Une fois capturés par l'oeil, ceux-ci sont retransmis à notre cerveau qui compare alors la force des signaux qu'il reçoit des différents cônes et traduit "cette fleur est de telle ou telle couleur". Dans le même temps, la couleur, fréquemment associée à des symboles forts, est aussi affaire de psychologie et de culture et donne donc lieu à une expérience subjective. La même expérience une et simple est donc en même temps une réalité physique et un fait de conscience. "La couleur est en nous" affirme Goethe au début du XIXè siècle, lui qui ne conçoit pas sa "Théorie des couleurs" sans la participation du peintre, du chimiste, du teinturier. […]

Dans les lignes qui suivent, nous allons passer en revue une sélection d'aventures singulières que sous-tendent différentes pratiques du regard et de la concentration. Il va d'abord être question de musique et de couleur, de l'intérêt voué à la couleur par le musicien et par certains peintres comme les musicalistes. Chacun d'eux voit peut-être la couleur différemment, mais il est sûr en tout cas que tous ceux dont nous allons nous entretenir la regardent avec un sentiment intense. […]

Le premier témoignage que nous avons de la recherche des relations entre les sons et les couleurs remonte à Aristote qui, dans son "De sensu", fixe des rapports numériques entre couleurs et intervalles.

Au Moyen Âge Guido d'Arezzo (c.995-1050), l'inventeur des désignations latines des notes ut, ré, mi, fa, sol, la, si, associe chacune des notes à une couleur et lui attribue une signification symbolique. Do représente la terre et la couleur verte, ré la lumière et le jaune, mi l'orangé et le dynamisme, fa, le rouge, la richesse et les biens matériels, sol (le violet) le sommeil, la (le bleu profond) la mort et si la note sinistre dans la gamme de do où elle assume le rôle de diable dans la musique, (un bleu verdâtre dégradé) représente les spectres, l'au-delà. On verra que l'on rencontre aussi d'autres correspondances, d'autres associations.

Par la suite, si une personnalité s'attache plus que tout autre au sujet "Musique et couleur" c'est, au dix-huitième siècle, celle du mathématicien de premier plan Louis--Bertrand Castel. Il élabore le premier, vers 1734, le projet d'un clavecin oculaire qui attire notamment l'attention de Telemann et de Rousseau. Le Père Castel décrit un système complet de musique des couleurs imaginant un appareil relié à un clavecin, où des couleurs sont associées aux touches : l'accord parfait (do-mi-sol) équivaut à la triade bleu-jaune-rouge, et la gamme musicale est traduite par une palette de cou-leurs: bleu, céladon, vert, olive, jaune, fauve, nacré, rouge, cramoisi, violet, agate, gris, bleu. Il imagine aussi un orgue à couleurs de douze octaves avec 144 couleurs correspondantes créées par un système de verres, de miroirs et de bougies.

Au dix-neuvième siècle, des musiciens, des peintres et des poètes prônent la correspondance des arts. "Les couleurs sont la musique des yeux et se combinent comme des notes" Delacroix, "Les couleurs et les sons se répondent" Baudelaire. En 1895, à Londres, Rimington imagine un art nouveau, Colour-music, la musique des couleurs. Il a inventé un instrument qu'il appelle Colour--Organ, l'orgue des couleurs.

Après 1900, on compte des adeptes de la musique des couleurs un peu partout en Europe […]

Rimski Korsakov, Schoenberg, Scriabine et Olivier Messiaen comptent parmi les très grands musiciens du xxe siècle qui ont manifesté une passion évidente pour le mariage de la couleur et de la musique. […]

SYNESTHÉSIE

On peut être surpris qu'il existe des personnes pour qui couleurs et sonorités soient indissolublement liées. La synesthésie est une perception simultanée. Médicalement le terme désigne un trouble de la perception sensorielle caractérisé par la perception de sensations supplémentaires et pouvant concerner plusieurs sens simultanément.
Par exemple E. S.-J., qui est galloise, voit pour le nom Moscow, (Moscou) du gris foncé, du vert épinard et un peu de bleu pâle, alors que pour elle, Henry et Wednesday sont d'un même bleu foncé. La synesthésie est toujours additive, elle accroît une expérience perceptive au lieu de la remplacer.
On a longtemps considéré que les cas de synesthésies étaient rarissimes, mais il a été estimé récemment qu'une personne sur 2 000 naît synesthéte.

Dans le cas des Synesthésies Cognitives, ce sont des catégorisations culturelles, nombres, lettres, graphèmes, unités de temps, phonèmes, noms, dates, noms de villes, qui sont le plus souvent accompagnées par une illumination colorée. La Synesthésie Cognitive couplant l'évocation des lettres de l'alphabet â des sensations colorées est la forme de synesthésie la plus fréquente, c'est la synopsie, appelée aussi audition colorée.

Dans son poème Voyelles, écrit à Paris en 1871, Rimbaud parait y faire allusion (A noir E blanc, I rouge, U vert et O bleu...), sans qu'il soit prouvé qu'il ait été lui-même un "synesthéte". En revanche l'un de ses amis musiciens, Ernest Cabaner, associait une couleur et des voyelles ou diphtongues à chaque note: do O jaune, ré A vert, mi E bleu, fa I violet, sol U carmin, la OU cinabre, si EU orangé.
Dans la biographie de Rimbaud par Pierre Petitfils, nous voyons que le sonnet fait écho â l'enseignement musical d'Ernest Cabaner: "Le chromatisme musical ou audition colorée".

Grande figure de la littérature mondiale, Vladimir Nabokov, était lui aussi doté d'audition colorée depuis sa petite enfance : "Audition n'est peut-être pas tout à fait le terme exact, puisque la sensation de couleur paraît être déterminée chez moi, par l'acte même de former avec la bouche une lettre donnée tout en m'en représentant le tracé écrit. Le A de l'alphabet anglais (sauf indication contraire, c'est à cet alphabet que je pense en écrivant ce qui suit) a pour moi la nuance du bois sec, mais un A français évoque l'ébène poli". Dans "Autres rivages", il est catégorique, "le O est blanc! N bouillie d'avoine, L nouille molle, et le miroir à main au dos ivoire de O, voilà pour les blancs". […]

DERMO-OPTIQUE

L'imagerie cérébrale, déjà sollicitée nous venons de le voir pour établir la validité des synesthésies, nous éclairera peut-être un jour sur la sensibilité dermo-optique: "la capacité de l'homme de réagir à des surfaces colorées, dissimulées à sa vue". L'écrivain et médecin Jules Romain a publié un ouvrage pionnier sur la question "La Vision rétinienne et le sens paroptique", Gallimard, Paris, 1920. La dermo-optique étudie les impressions reçues de l'environnement par la peau, en dehors de la vue.
Yvonne Duplessis s'est particulièrement penchée sur cette question à partir des années 1970. Quelques sujets d'exception reconnaîtraient les couleurs au toucher. Je mentionne cette sensibilité bien particulière pour bien souligner comment une réalité physique peut donner lieu à de très profondes divergences d'interprétation ou de réceptivité et comment, au lieu de nous rebuter, ce foisonnement mérite de retenir toute notre attention.
L'usage de la couleur en tant qu'outil thérapeutique peut également faire l'objet de notre curiosité. En français comme d'ailleurs en anglais, le mot thérapie a essentiellement un sens curatif. Le remède et le médecin viennent après coup pour réparer une plaie du corps ou de l'esprit. Dans d'autres traditions, il peut en être autrement. La langue grecque ou l'hébreu donne au mot "thérapie" le sens d'une attitude préventive et prospective. […]

 
Les carnets du yoga, n°223, juin-juillet 2003, pp. 26-34.
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« Répondre #73 le: Mardi 14 Septembre 2010, 17:09 »

LE YOGA DU SON

"..La technique vocale par la méthode du chant des voyelles sacrées est un yoga du son qui développe les qualités de confiance en soi, de créativité et de rayonnement.
Suivre cet enseignement est une occasion de découverte et de renaissance.
Par cette maïeutique vocale, source d'équilibre et de paix,
l'expression chantée devient mantra, prière à l'univers où s'unissent corps et esprit..."
" Intention - Emotion - Expression..."
"Le YOGA DU SON, par une pratique régulière du chant des voyelles sacrées YoU, YO, YI, YE, YA
 nous permet de parcourir un itinéraire initiatique à l’intérieur de nos émotions en nous invitant à en retrouver
l’expression intuitive et originelle en suivant, étape par étape, la chaîne de communication ...
"Le YOGA DU SON libère nos émotions et nous révèle notre vérité intérieure.
YOGA signifie connexion, union avec le SOI.
Le YOGA DU SON signifie l’union avec le SON en SOI..."
"La révélation du SOUFFLE / ENERGIE / SON en SOI
est l’expérience intime de "L’ENERGIE SPIRITUELLE "
...Sous le coup de l'émotion,le souffle est pulsé directement par le diaphragme et se sonorise dans l'expression du visage.
Selon l'émotion ressentie, l'expression du visage change et modifie la sonorité du souffle.
Ce son évoque, selon l'émotion, une voyelle différente.
 Par exemple, le son de la tristesse est: HoU ! - celui de la colère Ho! - celui du plaisir:  HI!
 - celui du questionnement: : Hé  ?  - celui la réception d'une information, HA!
L'association de la voyelle au son émotionnel est naturelle:
Hou évoque le U
 Ho évoque le O
Hi évoque le I
Hé évoque le E
Ha évoque le A

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« Répondre #74 le: Mardi 28 Septembre 2010, 11:34 »

L’art brut vient enrichir le nouveau LaM à Villeneuve d’Ascq
Claire Baudéan -
Inauguré en 1983 par Jack Lang, Le LaM, musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Lille Métropole, vient de rouvrir ses portes au public à Villeneuve d’Ascq, dans la proche banlieue lilloise. France Info est partenaire de cet événement. La collection d’art brut de l’Aracine unique en France, qui a enrichi les collections d’art moderne et contemporaine du musée en 1999, peut désormais être présentée dans le nouvel espace construit pour l’accueillir, au coeur d’un parc planté de sculptures de Calder, Picasso, ou Richard Deacon.
Le LaM peut désormais mettre en valeur, après 4 années de fermeture pour agrandissement et rénovation, son extraordinaire collection d’art brut, la collection de l’Aracine, riche de plus de 4000 œuvres, cet art des fous, comme l’appelaient les surréalistes sans notion péjorative, et que le peintre Jean Dubuffet a mis à la portée de tous !
" L’art brut ne vient pas coucher dans les lits qu’on a fait pour lui, disait Dubuffet. Il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime, c’est l’incognito"... A Villeneuve d’Ascq, la collection de l’Aracine, donation de Madeleine Lommel, Michel Nedjar et Claire Teller, s’installe au coeur de l’institution muséale pour interroger les frontières de l’art et questionner la peinture. Les fondateurs de cet ensemble exceptionnel voulait "rassembler, donner à voir un art spontané, sauvage, merveilleux, mystique, médiumnique, issues des racines même de l’homme"... Ce nouveau musée s’appelle le LaM et il est unique en Europe car il associe 3 collections séduisantes et importantes d’art moderne, 440 oeuvres, d’art contemporain, le musée avec ses récentes acquisitions en possède désormais 460, et d’art brut avec environ 4000 oeuvres.
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