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Auteur Fil de discussion: le diable  (Lu 95 fois)
iown47
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« Répondre #15 le: Mercredi 11 Août 2010, 12:29 »

Singulier ou pluriel ?…

On parle le plus souvent de l'être maléfique au singulier : le diable, le démon, Satan. Pour Satan, c'est logique, puisque c'est le nom sous lequel on désigne « le chef des démons ». Mais quand on dit « le diable » c'est bien paradoxal car il s'agit d'une multitude…
– « Légion est MON nom, car nous sommes beaucoup. » Et il le suppliait instamment de ne pas LES expulser… [Marc 5.10]
[…]
Lucifer et Satan, créatures suprêmes mais dévoyées, gardent un pouvoir hiérarchique sur l'enfer. Mais c'est une dictature écrasante, dissociante, accablante. Cela fait de l'enfer -et parfois du Monde- le champ clos d'un obscur rapport de forces […] où le plus pervers domine du fond de l'abîme, pour le règne du Mal.

Dans la confusion actuelle des esprits, il fallait situer ces paradoxes dans lesquels notre culture reste confusément enlisée.


 


    
    






Le démon dans l'Ancien Testament…



    

Diables & démons…

    

Les Hommes ont toujours ressenti, jusqu'à ce jour, la solidarité mystérieuse de leur monde matériel avec un Au-delà invisible. Les représentations symboliques de cet Au-delà hantaient le peuple de Dieu et apparaissaient de maintes manières à travers la Bible.


    
 

        

Esprits et génies…

Dans le monde antique, il y avait tout un foisonnement d'Esprits et de Génies plus ou moins bienfaisants ou malfaisants qu'on cherchait à capter et à se concilier…
       • Asmodée : « le pire des démons » meurtrier des 7 premiers époux de Sarra…
       • Les Sedim : destinataires des sacrifices d'enfants…
       • Les se'irim : démons-boucs velus qui hantent les ruines de Babylone et d'Edom ; certaines Bibles traduisent par « satyres »
       • Lilit : démon femelle des nuits…
       • Azazel : à qui on livre le bouc émissaire…

Il y a, enfin toutes sortes d'Esprits malfaisants :
       • Quteb : démon dangereux…
       • Les Esprits mauvais…
       • Les Esprits destructeurs…
       • Les anges cruels…
       • Les anges de mort…
       • Les anges de malheur…
[N.d.l.r. - Et il y a aussi tous ces Esprits désincarnés, les "morts" qui sont en erraticité autour de la Terre qu'ils ne veulent -ou ne peuvent- quitter, car trop attachés à elle ou à ceux qui y vivent… et quelquefois juste pour se venger. Les Anciens ne disaient-ils pas qu'il ne fallait jamais souhaiter la mort à son pire ennemi, car dans l'Au-delà, ses pouvoirs sont plus forts encore…]


 


Exorcismes…

La religion babylonienne personnalisait ces êtres divers ; elle les exorcisait pour délivrer les personnes et les lieux par des rites magiques ou médicaux. Tel était, notamment, le cas des satyres velus. Les Hommes avaient déjà le souci de libération et de désenvoûtement qui tient encore une place considérable dans nos civilisations "évoluées". Désenvoûteurs, sorciers et magiciens sont légion aujourd'hui, et leurs professions sont parfois lucratives…


 


Epuration…

La Révélation biblique interdisait de reconnaître tout autre dieu que Yahvé…
– « Tu n'auras pas d'autres Dieu que Moi…
Tu ne feras aucune image sculptée, aucun culte concurrent à celui du Dieu invisible… »

En même temps, prophètes et psalmistes découvrent peu à peu leur avenir éternel en Dieu. Ils découvrent la prière. Le psalmiste, fidèle à Dieu, n'en profite pas : il est victime des injustices de ce monde, et moqué par les méchants : les riches, les gras, les triomphants…


 


Hésitations et tâtonnements…

Cette décantation n'alla pas sans tâtonnements ou confusions. C'est la loi constante de notre recherche quotidienne de Dieu jusqu'à ce jour. Les ambiguïtés humaines ne seront dépassées que dans l'éternité. Ces tâtonnements ne vont pas sans interférences et courts-circuits. Elle en fait parfois l'auteur des maux qui surviennent sur la Terre. Elle y voit des châtiments. […] Ils voient des châtiments là ou la liberté des pécheurs provoque leur autodestruction.
En toute autonomie, les humains bâtissent ou détruisent leur vie. Si l'alcoolisme souffre d'une cirrhose du foie, ce n'est pas Dieu qui lui inflige cette maladie : c'est l'alcool dont il s'est "librement" imprégné. De même pour le SIDA et autres MST, propagés par la dégradation des mœurs humaines… […]


 


Diables ou démons ?… C'est comme on veut !.

Ce nom propre : Satan, est formé du verbe hébreu qui signifie : attaquer. Il est l'accusateur et l'adversaire du peuple de Dieu.
– « Le Seigneur me fit voir Josué, le grand-prêtre, qui se tenait devant l'ange de Yahvé, tandis que Satan était debout à sa droite pour l'accuser… »
[…]
Dans le livre de Job, Satan, l'adversaire, met Dieu au défi : qu'il lui permette de tenter Job, ami -et serviteur- de Dieu et ce saint homme ne résistera pas à l'épreuve. Mais la fidélité de Job sera plus forte que toutes les catastrophes, souffrances et épreuves. Il en sera finalement récompensé.
A ce stade, Satan, ne se présente pas encore clairement comme l'Esprit du Mal. Il vient proposer son défi, en se glissant parmi les « fils de Dieu » (les anges) reçus en audience par Yahvé. Mais le texte ne nous dit point s'il est lui aussi, fils de Dieu, ni même un ange. Sa silhouette reste floue. Ce qui est clair, c'est que le tentateur est subordonné à Dieu, son Créateur ; et c'est bien un Esprit pervers, puisqu'il cherche à tout prix, la perte et la chute du juste, béni par Dieu…


 


Le combat spirituel…

A partir de l'exil, la lumière progresse. Le judaïsme discerne les anges déchus comme auxiliaires de Satan.
Le peuple de Dieu découvre cette vérité dans l'expérience même du combat spirituel.
[…]
Il est identifié comme la puissance du Mal, chef des Esprits des ténèbres, hostile aux Hommes et à Dieu. On pratique, à l'encontre de ces adversaires mystérieux, des rites de protection, tels que l'eau lustrale.
Quant à l'exorcisme, il apparaît déjà vers 200 avant Jésus-Christ dans le livre de Tobie : il est l'œuvre de la puissance du nom de Dieu en réponse à la prière du juste.
Le rite que l'archange Raphaël prescrit à son compagnon de route : prélever le fiel, le cœur et le foie du poisson) n'est qu'un moyen de faire participer son protégé à l'œuvre de Dieu. La lumière de la Révélation a aidé les sages et les prophètes à démêler les liens mystérieux avec l'Au-delà : Dieu et ses créatures, bonnes ou mauvaises de par leur liberté même, anges et démons. Ainsi, en est-on venu à distinguer parmi les créatures de l'autre monde, les anges gardiens [N.d.l.r. - nous préférons le terme de « guide » moins carcéral] et Esprits protecteurs et les anges déchus, devenus par leur propre révolte, ennemis de Dieu et des Hommes qu'ils veulent entraîner dans leur chute…


 


Satan, source de malheur…

Le tentateur (que le livre de la Sagesse identifiera comme Satan) est décrit sous la forme du serpent qui se faufile : insinuant, traître et redoutable.
[…]
Il questionne humblement. Il dit le faux pour savoir le vrai… La femme répondit :
– « Si ! Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin, mais point de l'arbre qui est au milieu, car Dieu a dit : "Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas. Sinon, vous mourrez."
Le serpent dit à la femme :
– « Mais pas du tout, vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, connaissant le Bien et le Mal… »
Le serpent interprète le don de Dieu comme interdit généralisé : il suscite la méfiance. Dieu n'est pas un père, mais un tyran jaloux de son pouvoir. Le tentateur sollicite en même temps le désir, la sensualité :
– « La femme vit que l'arbre était bon à manger, agréable à voir et désirable pour acquérir l'intelligence… »
Satan mise sur l'attrait sensible du fruit pour entraîner les premiers Hommes à plus grave encore : la défiance à l'égard de Dieu, la révolte contre Dieu et la tentation de s'ériger soi-même en Dieu, indépendant, autonome, au titre d'une science parfaite. Dieu veut en fait préserver son monopole abusif…
Dieu est don un menteur. Les limites qu'il impose à la liberté de l'Homme sont le calcul d'une domination arbitraire.


 


Fascinés par la science !…

Ce sera plus tard l'illusion du scientisme, sûr de tenir enfin la nouvelle clé du savoir… Ainsi, l'Homme libéré, allait-il mettre fin aux guerres, à la pauvreté, à la maladie… et peut-être à la vieillesse… à la mort même.
La science allait donner à l'Homme la liberté et le bonheur qu'interdisait l'image illusoire de Dieu, avec ses interdits et ses contraintes.
La science créera ainsi son propre bonheur, et sa propre divinité. Le récit est prophétique…
Ce que l'on a pu croire de manière éclatante au début du XXème siècle, n'est que désillusion et nous en prenons la mesure aujourd'hui…
[N.d.l.r. - Tout ce qui est contre nature est illicite aux yeux de Dieu… La "Science" avait promis de faire reculer la maladie… Malgré des sommes astronomiques engouffrées dans la recherche, et la prise de médicaments de plus en plus sophistiqués aux effets secondaires indésirables, elle n'y est pas parvenue ; au contraire : elle joue aux apprentis sorciers et de nouvelles maladies, de nouvelles bactéries, de nouveaux virus naissent jour après jour… jusqu'à quand ?… et des maladies naissent jusque dans les hôpitaux mêmes, des virus -mutants- s'y développent (pseudomonas, par exemple) ! C'est un échec… et une victoire du divin car les malades devront retourner vers les guérisseurs qui opèrent sans anesthésie, ni aseptie comme c'est le cas au Brésil… Oui, la guérison spirituelle a encore de longs jours devant elle…
La "Science" avait promis de faire reculer la pauvreté… Elle produit trop (jusqu'à faire manger de la viande à des vaches) et pour faire monter les prix, elle détruit le trop-plein qu'elle produit pour ne pas vendre à perte alors que des centaines de millions de gens meurent de faim… c'est un échec !… Et consciente de cet échec, aujourd'hui, elle promet que les produits OGM qu'elle trafique sont la panacée !… Faux !… Ne sera-t-il pas alors trop tard ?…
La "Science" avait promis de faire avancer la paix… Mais elle crée des armes qu'il faut écouler… Des guerres, il y en a partout sur la planète ; là aussi, c'est un échec !… La science est-elle au service du Bien ou du Mal, au service de Dieu ou du Diable ?…

« Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme !… »]


 


Conclusion…

Dieu, compatissant pour la faiblesse humaine, annonce la suite : ce sera un combat sans merci, entre la descendance humaine et le Tentateur…
Ainsi commence, dès l'origine, le combat spirituel auquel est vouée l'humanité : il durera jusqu'à la fin du monde…
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« Répondre #16 le: Mercredi 11 Août 2010, 12:31 »

Le démon, mythe ou réalité…

    
 

        
L'abbé Laurentin, connu pour ses prises de position paradoxales en matière religieuse, s'est, jusqu'à présent penché essentiellement sur les apparitions et la vie des saintes comme Bernadette Soubirous ou Catherine Labouré. Dans son dernier livre : « Le Démon, mythe ou réalité » il s'attache à démontrer la présence de Satan dans le monde contemporain et définit la position de l'Eglise face au tentateur.


Interview…
Le Figaro – Une certaine partie de l'Eglise tend, aujourd'hui, à remettre Satan en question. Vous insistez sur la réalité du démon et de son retour. Pourquoi ?
René Laurentin – Mon livre détaille ces mises en question, mais bien pesé, le démon tient une place incontournable, quoique marginale, dans la révélation. L'Ancien Testament l'a découvert à tâtons. Le Christ ne l'a pas seulement enseigné : le premier miracle de sa carrière en Galilée est un exorcisme, et ses exorcismes ont fait sa réputation presque autant que ses miracles. Il distinguait d'ailleurs fort bien l'un de l'autre contrairement aux confusions qu'on lui prête. J'analyse aussi ce que fut le combat des puissances d'en bas contre lui : de la première tentation au désert, à la dernière sur la Croix.
L'existence du démon s'impose aussi de manière expérimentale, comme je le précise tout au long de mon livre. Les polices américaines et allemandes le connaissent à ce titre ; je cite leurs livres. J'ai travaillé avec cinquante exorcistes pratiquants de dix nations qui m'ont demandé d'être leur théologien. J'ai vu avec quel sérieux, quelles précautions, quels contrôles, ils exerçaient pour ne point suggestionner leurs clients. Ils ne voient pas le diable partout, et j'ai été étonné (comme eux) de constater la similitude entre les réactions des possédés d'aujourd'hui et ceux de l'Evangile, car, dans des cas très rares de possession, le démon se cache, mais sous la pression de l'exorcisme, ou même à l'approche de l'Eucharistie -ou d'un flacon d'eau bénite- il réagit par le possédé de manière parfois violente qui oblige à prévoir une aide musclée.

Le Figaro – Faut-il identifier Satan et le Mal ? Ou bien pensez-vous que le Mal soit la conséquence des actes de Satan ?
L'abbé – Le Mal n'est pas grand-chose, comme beaucoup pensent avec les manichéens, non, le Mal c'est rien ; c'est un manque, un vide, une carence qui ampute celui qui en est affecté. Certains théologiens extrapolent en disant : « le démon, c'est le Mal, donc ce n'est rien : c'est le néant. »
Mais de même qu'un pécheur dégradé par le Mal et par sa haine reste une personne humaine, le démon, ange dégradé pour avoir préféré son superbe narcissisme à l'amour de Dieu, reste une personne engagée dans le Mal, la haine et la destruction : je ne sais que trop comment. On dit parfois que le démon est un "non-ange", une "non-personne". Oui, en un sens, car son refus de l'amour de Dieu et sa haine de Dieu l'ont dégradé en tant que personne. Son cas est analogue à celui des condamnés : la société les enferme et pourtant, un des droits premiers de la personne, c'est la liberté. On ne leur reconnaît plus ce droit parce que leurs désordres les en ont plus ou moins privés. C'est ce qui se passe pour le démon, beaucoup plus radicalement, puisqu'il est pur Esprit, tout d'une pièce. J'explique cela dans mon livre : la nature du péché des anges et les conséquences pour eux et pour le monde avec lequel ils ont des liens de solidarité.

Le Figaro – Pensez-vous que le rock auquel vous consacrez un long développement soit une forme satanisme ?
L'abbé – Le rock, non. Mais il y a eu des infiltrations sataniques tout à fait intentionnelles. Plusieurs chanteurs rocks se sont consacrés à Satan et l'ont célébré [et servi ! N.d.l.r.] de manière occulte ou patente. Ils ont été parfois payés de grands succès, mais ont souvent fini leur vie par un suicide, car Satan n'a pas d'amis, il n'a que des esclaves. J'explique la genèse de ces infiltrations, leurs manifestations dans leurs chants : parfois des hymnes sataniques, et dans les actes qui, dans les cas extrêmes, ont provoqué des hécatombes.

Le Figaro – Quelles sont les autres manifestations du satanisme que vous voyez apparaître dans le monde d'aujourd'hui ?
L'abbé – Baudelaire, au XIXème siècle, a fort bien décrit sa nouvelle tactique : « La plus belle ruse du démon, c'est de nous persuader qu'il n'existe pas. » J'ai tenté d'analyser cette action secrète sur les structures culturelles, sociales et autres : la mort de Dieu, l'athéisation, la matérialisation, la sécularisation qui ont sévi jusque chez les chrétiens eux-mêmes. Le succès de cette tactique a été que le démon semble se dévoiler aujourd'hui. C'est en 1966 qu'à été fondé -officiellement- la première « Eglise de Satan », démocratiquement, aux Etats-Unis et qui a pignon sur rue. Je présente toute une géographie de ces églises apparemment modérées et plus gravement, les sectes criminelles. Telle psychiatre américaine (non pas chrétienne, mais juive) a soigné des enfants victimes de ces sectes. Elle se heurtait à des problèmes insolubles. Un prêtre exorciste les a résolus et elle travaille régulièrement avec lui… dangereusement.
Au-delà de cette géographie du satanisme, j'analyse des interférences infiniment plus considérables. Vous avez mentionné le rock, mais le développement de la sorcellerie dans certains groupes féministes radicaux est très significatif ; 10 à 20 % de nos lycéens s'amusent à des expériences de tables tournantes ou verres baladeurs qui se déplacent d'eux-mêmes vers des lettres pour donner réponse à des questions curieuses. La plupart des éducateurs considèrent cela comme un passe-temps innocent qui forme la jeunesse. Mais ceux qui se tournent vers l'occulte ne savent pas ce qu'ils rencontrent. Moi non plus d'ailleurs. Mais en plus d'un cas, l'interlocuteur qui accourt au rendez-vous de ces séances vient d'en bas. Un catéchiste me disait que les filles et les garçons qui se livrent à ces pratiques abandonnent toute pratique religieuse, sinon, toute moralité. [N.d.l.r. - La faute à qui ?] Je ne les retrouve que lorsqu'il y a de trop gros dégâts et qu'ils ne savent plus à quel saint se vouer. [N.d.l.r. - Une chance ! car souvent, quand de jeunes adolescents vont voir les prêtres, ceux-ci nient l'Au-delà et ses dangers, parce que démunis, ils ne savent que répondre ; peut-être victimes eux aussi d'interférences de ces forces des ténèbres qui font semblant de ne pas exister pour mieux agir dans l'ombre…]

Le Figaro – Entre le Moyen-Age et notre époque, Satan a-t-il évolué ?
L'abbé – Satan, non ; c'est un pur Esprit. Un pur Esprit n'évolue pas mais il s'adapte à l'évolution des hommes. Le mot « diable » vient du grec diabolos qui signifie : le diviseur. Le démon a bien des tours dans son sac pour diviser, à tous niveaux : familles, entreprises, nations, et même les Eglises. Ses tentations y font lever (avec nos complicités humaines) la division, la haine, la guerre, la destruction, les perversions qui désintègrent l'Homme et la Société. Qui lira mon livre comprendra que c'est là un mystère non seulement philosophique, mais concret et quotidien. LA tentation n'est pas un vain mot.

Le Figaro – Avec un tel livre, vous allez inquiéter ?
L'abbé – Non, car l'incroyant n'a pas peur du démon puisqu'il n'y croit pas. Le chrétien encore moins car le Christ en sort victorieux : Il est le plus fort.

Le Figaro – Pourquoi dites-vous toujours, le « diable ». N'y en aurait-il qu'un ?
L'abbé – Non, ils sont "Légion" comme dit dans l'Evangile, mais vous-même, comme Baudelaire, dites « le diable ». C'est un euphémisme ; toutes les langues en invoquent pour évoquer ce qui apparaît choquant ou redoutable. Je mets cela en parallèle avec les 100 noms pour désigner les « lieux d'aisance » ou simplement « le lieu » (Flaubert). Cela crée des défis à la grammaire. Dès l'Evangile même, où la horde démoniaque qui possède l'énergumène de Genesaneth répond à Jésus : « Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup et il le suppliait instamment de ne pas les expulser. » Marc 5.1.

L'étude des démons donne bien des surprises…



    
    

[N.d.l.r. - Nous remercions l'abbé Laurentin pour son courage et le travail accompli pour la rédaction de cet ouvrage dont nous vous conseillons vivement la lecture…]
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